DIALOGUE SUR LES DEUX SYSTEMES D'UNIVERS

 

 

LE MESSIE SAUVEUR DE LA PHYSIQUE


En attendant un dossier complet sur Eddington, qui promet d'être aussi explosif que celui d'Einstein, mais dans le sens d'une réhabilitation cette fois, voici un dialogue que n'eut pas désavoué Galilée:

Mordicus --: l'arrivée sur la terre du Messie-sauveur-de-la-physique se fait attendre

Simplicius -- et pour cause : les physiciens l'ont crucifié il y a soixante ans, c'était pourtant, avec Einstein le plus distingués d'entre eux : il s'appelait Eddington. Mais, au fait, pourquoi l'a-t-on rejetté?

Mordicus -- parce qu'il on le soupçonnait d'être pythagoricien

Simplicius -- qu'est-ce qu'un pythagoricien?

Mordicus -- quelqu'un qui croit que la physique est fondé sur l'arithmétique

Simplicius -- quelle est la base de la physique ?

Mordicus -- les mathématiques

Simplicius -- quelle est la base des mathématiques ?

Mordicus -- euh... l'arithmétique est effectivement un pilier des mathématiques:

Simplicius -- De plus en plus bizarre : pourquoi n'enseigne-t-on pas la théorie d'Eddington, pour voir si cela pourrait débloquer la situation de la physique théorique, qui patauge dans l'impasse depuis 20 ans?

Mordicus -- Eddington a rejetté le Big Bang et sa fournaise: "ça me laisse froid" disait-il

Simplicius -- Est-on sûr du Big Bang?

Mordicus -- presque sûr, Martin Rees, le Directeur de l'Institut d'Astrophysique de Cambridge estime sa probabilité à 98%

Simplicius -- Il y a donc un doute. Quelle est la principale preuve du Big Bang?

Mordicus -- le rayonnement cosmologique

Simplicius -- en quoi est-il décisif?

Mordicus -- c'est un rayonnement thermique à température très basse

Simplicius -- et alors?

Mordicus -- cela veut dire que la température était haute

Simplicius -- pourquoi?

Mordicus -- regarder loin c'est voir dans le passé

Simplicius -- pourquoi l'Univers n'a-t-il pas une température constante?

Mordicus -- il doit se refroidir à cause de l' expansion

Simplicius -- dans quoi l'univers s'épanche-t-il?

Mordicus -- en fait en lui-même : il vaut mieux dire qu'il y a création d'espace

Simplicius -- Cela ne viole-t-il pas le principe de Lavoisier : rien ne se crée, rien ne se perd tout se transforme?

Mordicus -- si, mais l'Univers c'est un cas spécial

Simplicius -- Vous voulez dire qu'on ne peut extrapoler les lois terrestres?

Mordicus.exactement : les lois de l'extrêmement petit ne sont pas les même que celles de l'extrêmement grand

Simplicius -- en résumé l'apparition d'espace supplémentaire cause le refroidissement ?

Mordicus -- la température d'un rayonnement est liée à l'énergie par unité de volume : augmenter le volume fait chuter la température.

Simplicius -- cela veut-il dire que l'énergie est principalement sous forme de rayonnement?

Mordicus -- pas maintenant, mais avant oui car la densité était plus haute et les atomes eux-même étaient désintégrés et constituait un plasma doté d'un fort rayonnement électromagnétique, justement celui qu'on observe maintenant, après son long refroidissement.`

Simplicius -- quelle était alors la proportion d'énergie entre matière et rayonnement?

Mordicus -- à peu près 50-50

Simplicius -- ainsi l'énergie rayonnante était considérable, mais cette augmentation de densité dans le passé signifie que la matière se conserve?

Mordicus -- exactement il y a création d'espace, mais pas de matière, ni d'énergie.

Simplicius -- Comment en est-on sûr?

Mordicus -- C'est une hypothèse

Simplicius -- En somme, en faisant l' hypothèse de la non-création de matière, on en déduit que la matière est apparue d'un seul coup, le Big Bang. Ne serait-il pas plus "économique" de supposer une "création" de matière constante?

Mordicus -- Heuh, Si, c'est le modèle "d'expansion stationnaire" (c'est-à-dire à densité constante) de Hoyle, Bondi et Gold

Simplicius -- alors pourquoi ce modèle a-t-il été rejeté?

Mordicus -- à cause du rayonnement cosmologique

Simplicius -- retour à la case départ donc: mais ce modèle stationnaire prévoit-il la valeur de la température de ce rayonnement ?

Mordicus -- certains, tel Narlikar retrouve une valeur proche de la valeur mesurée, 2,728 K, mais on peut toujours ajuster les calculs pour justifier un résultat

Simplicius -- n'est-ce pas ce qui a été fait par les tenants du Big Bang par ajustement des paramètres pour justifier ce modèle?

Mordicus -- euh... oui, il faut bien avouer qu'il y a en cosmologie standard trop de paramètres libres, mais qui semblent curieusement bien adaptés à l'élaboration d'une complexité, telle l'apparition de cellules biologiques

Simplicius -- alors pourquoi l'énorme majorité des cosmologistes a-t-elle choisie l'option Big Bang?

Mordicus -- c'est bien sûr à cause de cette hypothèse de la création continue : c'est contraire au principe de Lavoisier, et à l'interprétation de la Génèse biblique.

Simplicius -- pourtant ces arguments ne s'appliquent pas à l'espace?

Mordicus -- la matière et l'espace doivent effectivement être traités de façon distincte en cosmologie standard. La matière apparaît d'un seul coup, mais l'espace augmente d'abord brutalement avec le Big Bang et sa phase d'inflation galopante où il a crû d'un facteur énorme, puis continûment.

Simplicius -- et le temps?

Mordicus -- Il apparaît également au tout début. Parler d'un temps antérieur au Big Bang n'aurait alors aucun sens puisque le Big Bang crée le temps.

Simplicius -- Résumons: matière, espace et temps sont brutalement apparus, mais la matière (ou sa forme plus générale qu'est l'énergie) est restée constante tandis que l'espace et le temps croissait.

Mordicus -- exactement, mais la matière-énergie a subie des transformations successives qui l'ont amené, à partir d'une soupe informe de quarks et de gluons vers notre état actuel

Simplicius -- voulez-vous dire qu'il y a eu un progrès?

Mordicus -- oui, mais plutôt qu'un progrès, il vaudrait mieux dire une évolution. Les paramètres libres de la physique des particules semblent finement ajustés pour assurer à l'univers une longévité et une complexification maximale : c'est ce que l'on a appelé le "principe anthropique". Si tel n'avait pas été le cas nous ne serions pas là.

Simplicius -- mais si quelqu'un découvrait que ces paramètres libres sont en fait des constantes mathématiques, que deviendrait le principe anthropique?

Mordicus -- il faudrait sur le champ l'abandonner, comme Weinberg l'a signalé, mais personne n'a pu faire cette corrélation. Feynman a même affirmé que ces paramètres semblaient être répartis au hasard

Simplicius -- Mais Eddington avait trouvé des corrélations

Mordicus -- oui, mais personne ne les a prises au sérieux

Simplicius -- Tout de même l'enjeu est d'importance : une institution a-t-elle mis à son programme un réexamen de la tentative d'Eddington, à la lumière des données expérimentales de plus en plus précises qui se sont accumulée depuis 60 ans ? En particulier la température 2,73 K s'harmonise-t-elle avec les autres paramètres libres et les constantes mathématiques?

Mordicus -- Non car personne ne veut subir le sort d'Eddington: ses pairs l'ont traité ouvertement de fou

Simplicius -- On peut concevoir, qu'à l'époque, le premier qui ose prétendre réunifier la microphysique et la cosmologie puisse paraître suspect de mégalomanie, fut-il un Eddington, mais maintenant la situation a bien changé et on cherche justement à réaliser le programme unificateur d'Eddington.

Mordicus -- Oui, mais dans le cadre du Big Bang

Simplicius -- On peut donc dire que si quelqu'un arrivait à corréler la température cosmique avec les constantes universelles, ce serait la fin du Big Bang?

Mordicus -- Pas exactement, il y a les travaux de Dirac qui prédisent une variation de la constante G : il se pourrait que la corrélation en question relie cette variation à l'âge de l'Univers, à partir de l'instant zéro du Big Bang.

Simplicius -- les coïncidences repérées par Dirac ne sont-elles pas, les mêmes que celles d'Eddington?

Mordicus -- Si, bien sûr, le point de départ est le même : il s'agit du nombre géant, 10 à la puissance 38, un 1 suivi de 38 zéros. Ce nombre apparaît dans l'atome d'Hydrogène : c'est le rapport des forces électricité/gravitation : il se trouve qu'il est voisin de l'âge de l'Univers - en admettant le Big Bang -, et en prenant pour unité un temps caractéristique de la microphysique

Simplicius -- Comment est choisi ce temps atomique?

Mordicus -- Il importe peu de le définir avec précision car il s'agit de coïncidences qui portent sur des nombres tellement énormes qu' un facteur 10 ou 100 en plus ou en moins n'enlève rien à la bizarerie de la coïncidence. En l'occurence, Dirac a pris le temps que met la lumière pour traverser un proton, c'est-à-dire parcourir une distance qui s'avère curieusement, autre coïncidence, voisin du rayon classique de l'électron, c'est-à-dire le rayon calculé en supposant que toute sa masse est d'origine électromagnétique

Simplicius -- ce qui ramène à l'estimation du diamètre du proton, mais en cosmologie mesure-t-on une distance où un temps?

Mordicus -- en fait, on mesure des longueurs, suite à un arpentage cosmique utilisant les propriétés des étoiles variables par exemple.

Simplicius -- donc la "constante de Hubble" est en fait le rayon de l'Univers observable, et le nombre de Dirac le rapport de ce rayon à celui du proton. Pourquoi diable introduire les temps?

Mordicus -- c'est que Dirac, n'imaginant pas qu'une théorie puisse expliquer un nombre aussi énorme, a tout bonnement supposé que ce nombre était lié à l'âge de l'Univers : à partir du "rayon de Hubble", il en a déduit le "temps de Dirac", par division par la vitesse de la lumière.

Simplicius -- ces constantes cosmiques ne sont plus des constantes puisque l'âge, par essence, est variable

Mordicus -- bonne remarque : c'est un point de terminologie. Pour Dirac le "rayon de Hubble" est constant dans l'espace, c'est le principe cosmologique : tous les points de l'espace sont équivalents, mais, par contre il varie dans le temps.

Simplicius -- en somme, tous les points de l'espace évoluent comme un seul homme. bizarre

Mordicus --: vous dites?

Simplicius -- ce qui est bizarre c'est que si tous les points de l'Univers sont équivalents, alors il est logique de supposer qu'ils s'accordent entre eux, et avec une énorme vitesse, puisque la vitesse de la lumière est celle d'une tortue à l'échelle de l'Univers

Mordicus -- oui, c'est en particulier le problème de l'homogénéité du rayonnement cosmologique : deux points diamétralement opposés de la sphère céleste n'ont pas pu se connecter par signaux à la vitesse c depuis le Big Bang, et pourtant on constate une remarquable égalité de leur rayonnement. Ca a effectivement été un problème très grave pour le modèle standard, mais maintenant résolu par le mécanisme de l'inflation, où c'est l'espace lui-même qui a été, au tout début, démultiplié à une vitesse supra-luminique par un facteur énorme : un nombre à 60 chiffres.

Simplicius -- En somme on a évacué le problème en dénonçant le Big Bang, là où nos lois connues s'arrêtent, c'est commode.... Mais que dit la Théorie stationnaire sur ce paradoxe de l'homogénéité?

Mordicus -- dans ce modèle, l'Univers est beaucoup plus vieux et l'équilibre thermique a largement eu le temps de s'établir : le rayonnement cosmologique a pu s'homogénéiser

Simplicius -- mais mesure-t-on quelques différences d'une région à l'autre?

Mordicus --oui, vous tapez dans le mille d'une question qui donne des sueurs froides aux cosmologistes: ces résidus d'inhomogénéités sont nécessaires pour expliquer les premières concentrations de masse : il faut qu'elles soient suffisamment marquées pour que les galaxies aient eu le temps de se former, or on les trouve extrêmement faibles.

Simplicius -- mais, dans le modèle stationnaire, l'interprétation de ces inhomogénéites n'est-elle pas toute différente : cela doit signifier que l'univers n'est pas infiniment vieux (sinon l'équilibrage thermique serait parfait), qu'il a eu lui aussi un début : il y a eu une époque transitoire d'établissement du régime stationnaire. L'étude de ces inhomogénéités devrait donner le véritable âge de l'Univers. Elles seraient donc d'une importance encore plus grande que dans le modèle standard... Mais revenons à Dirac, avec sa "constante" variable.

Mordicus -- eh bien la corrélation avec le rapport des forces signifie que elle aussi doit varier dans le temps donc au moins l'une des constantes universelles varie. Il a choisi la constante de gravitation G.

Simplicius -- a-t-on vérifié quelles auraient pu être les conséquences géologiques d'une telle variation de G?

Mordicus -- oui d'importantes études ont été faites, il en ressort que Dirac a eu tort : les constantes universelles, c G et h ont l'air d'être de vraies constantes

Simplicius -- c'est rassurant, mais alors quelle est l'interprétation standard de la coïncidence de Dirac?

Mordicus -- l'interprétation retenue par la majorité des cosmologistes, à la suite de Dicke, est que cette coïncidence s'explique par le principe anthropique : pour comparer ces deux grand nombres, il faut bien que au moins une génération d'étoiles productrice de carbone ait vécu, puis, après explosion, ensemence l'espace. Le calcul montre que, en gros, cela signifie que nous vivons une époque particulière où cette coïncidence est grossièrement réalisée

Simplicius -- et s'il s'avérait que cette coïncidence soit très précise?

Mordicus -- il faudrait abandonner à la fois le Big Bang, les thèses de Dirac et l'interprétation anthropique, mais il n'est pas possible d'obtenir une grande précision, car tandis que les grandeurs de la microphysique sont bien connues, le rayon de Hubble est entaché d'une importante imprécision, de ± 10% environ. (A l'époque de Dirac la situation était pire car les mesures étaient systématiquement fausses, d'un facteur 10 environ)

Simplicius --mais, à cette époque, quelqu'un a-t-il essayé de voir si ce grand nombre de Dirac corrélait en ordre de grandeur avec les constantes universelles

Mordicus -- oui Stewart en 1931 a publié une formule qu'il considérait comme anormalement remarquable

Simplicius --montrez voir

Mordicus -- voila (voir appendice)

Simplicius -- comme c'est curieux: la formule de Stewart, exprimée en unités mécaniques, ne contient pas la vitesse c.

Mordicus -- et alors?

Simplicius -- on sait qu'il y a deux piliers de la physique standard, la quantique et la relativité : pour relier une distance et une masse la première utilise h et c, tandis que l'autre utilise G et c. Or cette formule n'utilise que la troisième combinaison h et G: elle est donc unique et le complément naturel des deux autres piliers : rien que cela devrait jeter un doute terrible sur la variabilité du rayon de Hubble, et donc sur toute la cosmologie standard.

Mordicus -- oui, mais il y a le facteur 137 au cube, cela fait une erreur de 2 millions.

Simplicius --oui, mais la masse de l'électron est, elle aussi, au cube : il y a-t-il une masse qui soit voisine de 137 fois l'électron ?

Mordicus -- ah, attendez, le japonais Nambu, a fait remarquer que les masses des particules sont des approximativement des multiples entiers ,pour les bosons, ou demi-entiers pour les fermions,

Simplicius --tiens donc.Mais pourquoi personne ne parle de cette masse de Nambu ?

Mordicus -- heu, ce serait "pythagoricien" On n'en trouve mention que dans un ouvrage du vulgarisateur australien Paul Davies.
 
 

Retour à la case départ. Question: pourquoi Balmer n'est-il pas cité comme il se devrait dans l'Histoire des Sciences, puisque c'est sa formule qui a lancée la Mécanique Quantique? Réponse : initiative pythagoricienne

Morale: Pythagore, on t'abhorre !

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SUR LA NON-SEPARABILITE

La grande originalité de la Théorie fondamentale d’Eddington est l’introduction de nombres quantiques géants : en particulier le nombre d’électrons dans l’univers observable. Il écrivit :

" I believe there are 15 747 724 136 275 002 577 605 653 961 181 555 468 044 717 914 527 116 709 366 231 425 076 185 631 031 296 protons in the Universe and the same number of electrons"

Il faut reconnaître que cette affirmation a, au premier abord, quelque chose de choquant. La considération de l'ensemble de ces N électrons peut paraître artificielle. Mais, bien au contraire, elle repose sur une hypothèse majeure de la Physique Quantique : deux électrons sont parfaitement identiques, à tel point qu'ils sont indiscernables. C'est d'ailleurs une question qui vient naturellement à l'esprit quand on nous représente l'atome comme un système solaire en miniature. On s'interroge : les électrons sont-ils différents, comme les planètes du système solaire? Cette question cruciale, nous l'avions posé à un professeur de Physique au Lycée Arago. Le gamin s'imaginait déjà une structure fractale où on retrouverait dans l' infiniment petit le modèle exact de l' infiniment grand. Mais quand ce professeur répondit "ils sont absolument identiques", ce modèle fractal intuitif s'écroula (réfutant par avance la "théorie du tout-fractal" que Nottale allait proposer plus tard). Cette "identité" des électrons plongea notre gamin dans la plus extrême perplexité. De même, par la suite, il devint évident que les termes "infiniment petit", ou "infiniment grand" ne sont pas des considérations physiques sérieuses (voir l'excellente critique du concept d'infini et de l'aberrant "principe anthropique" sur le Web Magnan@graal.univ-montp2.fr)

Car enfin, on n'a jamais vu, dans notre monde macroscopique, deux objets indiscernables : il y a toujours un "quelque chose", ne serait-ce qu'un infime détail, qui permet de les distinguer. A cette question fondamentale, il fallait une réponse simple... le gamin, après une intense et mémorable réflexion de plusieurs minutes, en déduisit "l'électron est unique, son apparente multiplicité est dû à un mouvement très rapide". Plus tard, nous apprîmes que c'est exactement comme ça que fonctionne un écran de télévision ou d'ordinateur : il n'y a qu'un seul spot, mais il se déplace très vite, et grâce à la persistance rétinienne, l'image nous parait "continue". Si vous n'êtes pas convaincu, essayez de faire une photo au millième de seconde de votre TV, vous m'en direz des nouvelles (Forum bientôt sur ce Web).

Le physicien Wyler, un jour téléphone à Feynman, l'auteur de "La nature de la Physique", p.250. "Je sais pourquoi tous les électrons ont la même masse et la même charge : parce que ce sont tous le même électron, qui fait des "boucles temporelles", ce qui permet d'interpréter le positron comme un électron remontant le temps". Mais, comme le fait remarquer Feynman: "il devrait y avoir alors autant de positrons que d'électrons". Cette question de la Physique des particules rejoint un problème non résolu de la Cosmologie : où est passée l'anti-matière? Le lecteur est invité ici à la réflexion... Inutile d'essayer de trouver la réponse dans les ouvrages de Physique. Même nos deux prix Nobel, en pleine force de l'âge, si près de la découvrir, ne l'ont pas trouvée, ni aucun autre physicien d'ailleurs. C'est une question pour un gamin. Réponse en fin de ce chapître...

Ce qui est remarquable dans cette histoire de "l'ensemble des N électrons", c'est que cela est lié à une question fondamentale de la Physique Quantique, appelée "Principe de Pauli", qui dit que, comme toute particule du type "fermion", "deux électrons ne peuvent être dans le même état". Par exemple, dans le modèle simplifié de l'atome, ils occupent tous des orbites différentes, ce qui est vital pour interpréter les propriétés chimiques des corps. Mais ce principe de Pauli ne fait pas mention du domaine d'application : pourquoi se limiter à l'atome? En Physique des solides on constate qu'il s'applique à un cristal tout entier. Si l'on considère notre ensemble des N électrons de l'Univers, il doit s'appliquer aussi. Quand vous posez cette question à votre professeur de Mécanique Quantique en DEA, elle vous regarde bizarrement, tandis que vos condisciples étudiants, pour la plupart, s'en moquent royalement (on retrouvera plus tard une de ces condisciples : elle refusera d'impliquer Orsay dans le problème-clef des paramètres et se retrouvera ensuite à la tête du CNRS.)

Il en résulte une conséquence inéluctable, mais qu'aucun physicien "officiel" ne se hasarde à proposer : tout se passe comme si les électrons communiquaient entre eux par un signal extrêmement rapide, car il faut bien qu'ils se mettent d'accord pour occuper des états de mouvement tous différents. Or cette vitesse d'interaction est nécessairement beaucoup plus rapide que la vitesse lumière. En effet, celle-ci met plusieurs milliards d'année, soit 1017 seconde pour traverser l' "univers observable", alors qu'un temps caractéristique de la Microphysique se chiffre en infime fraction de seconde, 10-22 s. Le rapport implique donc un nombre d'environ 40 chiffres. Le rapport entre la supercélérité C et la vitesse lumière doit être au minimum, de cet ordre de grandeur. Curieusement, ce rapport est du même ordre de grandeur que le rapport entre force électrique et force gravitationnelle dans l'atome. Dirac, désespérant de trouver une théorie mathématique permettant d'expliquer l'origine d'un nombre pur aussi grand, ni la raison de cette coïncidence, a réglé la question en supposant que ce rapport variait justement en fonction de l'âge de l'Univers, et qu'il avait donc commencé par être petit, comme toute bonne constante mathématique qui se respecte. Mais les variations que sa théorie prévoyait pour la constante de gravitation ne s'accordent pas avec les données géologiques (la Terre aurait dû dans ce cas subir des variations climatiques dramatiques).

Cette non-séparabilité a été l'occasion d'un débalage médiatique récent, à l'occasion de certaines expériences malencontreusement présentées comme devant trancher le faux débat Einstein/Bohr. En effet ces deux "physiciens" (voir" l'affaire Einstein" sur ce Web) campaient chacun sur des positions intenables. Le premier, s'accrochant farouchement à sa "barrière luminique" et excluant ainsi la remarquable non-séparabilité quantique, tandis que le second s'accrocha à la prétention de complétude de la Mécanique Quantique, basée sur un théorème de Von Neumann, dont la fausseté a été démontrée par Bohm et Bell. Evidemment, ces expériences tranchèrent en faveur de la non-séparabilité, ce qui est une confirmation de notre présente approche. Mais l'affaire fut mal présentée par le "physicien"(sic) Aspect, qui trahit complètement la pensée de John Bell, le courageux instigateur des variables cachées. "Sciences et vie" titra même sur " la défaite d'Einstein ". Alors que Bohr et son valet Aspect étaient encore plus coupables. Il en résultat que la plupart des gens, y compris chez les physiciens, en ont conclu à "l'inexistence des variables cachées", avec retour donc au faux théorème de Von Neuman. Un retour à l’erreur de base du siècle. Et l'on retrouve, bien sûr, Aspect au comité de lecture de l'Académie des Sciences, en excellente position pour bloquer, en utilisant une " expertise anonyme " frauduleuse telle théorie qui ne participerait pas de la " Pensée Unique ". 



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LE LOUP BERGER

Mordicus -- J’en ai assez, je craque. Voilà plus de 6 mois que nous avons installé le meilleur matériel. Une salle entièrement noire. La Table anti-vibration la plus lourde et la plus efficace. Le laser le plus performant du Marché.. Des optiques de haute volée. Des mécaniques de précision. Un labo photographique moderne. Des techniciens exceptionnels. Tout cela sans obtenir le moindre hologramme. Nous avons suivi à la lettre ce traité d’holographie. Rien à faire.

Simplicius -- il ne faut pas perdre espoir. Il nous est venu des nouvelles de l’Université Paris 8, où un certain Francis produit des hologrammes à volonté, et ceci sans Salle Obscure, sans Table anti-vibration, sans laser puissant, sans optiques, sans mécanique et sans labo photo. Il aurait même réalisé un mètre carré en fausse couleur qui atteindrait un million de Gigabit, avec un simple faisceau milliwatt.

Mordicus -- allons, tu ne vas pas avaler des couleuvres pareilles.On raconte, dans les milieux officiels que la spécialité de ce charlatan est de sortir de sa poche, dans la pénombre, un hologramme déjà tout fait.

Simplicius -- détrompe-toi, c’est tout-à-fait sérieux, puisque ce Francis assure en même temps les TP de l’Ecole Supérieure d’Optique, et on chuchote qu’il aurait été élu meilleur enseignant, toutes disciplines confondues. On raconte même qu’il aurait accueilli une visiteuse de l’Observatoire de Meudon qui voulait faire des hologrammes par ces mots " montre-moi le support le plus instable dans cette pièce ", et qu’il aurait réussi cet hologramme, sur le tabouret 4 pattes le plus branlant qu’on put trouver, au grand désespoir de la visiteuse.une distinguée historienne des sciences qui s’escrimait depuis des mois sans obtenir la moindre image.

Mordicus – alors quelle est l’erreur ?

Simplicius – il s’agissait simplement d’un problème de film holographique. Francis n’utilise que des films dont le grain est nettement inférieur à la longueur d’onde. Une évidence pour tout ceux qui ont suivi ses cours. mais que cette visiteuse ignorait.

Mordicus – comment cela ? Cette condition n’est mentionnée nulle part dans mon traité.

Simplicius – comme la longueur d’onde en Optique est l’unité de longueur de base, il est clair que le grain du film ne doit pas s’en mêler, et être lui-même plus petit que la longueur d’onde. Tout cela est évident. Comme tout ce qui ressort des cours de Francis. On se dit même après coup, mais pourquoi on n’y pense pas de soi-même ? Mais pour en revenir à notre impossibilité à nous d’obtenir des hologrammes il doit y avoir autre chose, car j’ai vérifié que nous avons les bons films.

Mordicus – mais enfin ! qui peut le plus peut le moins. Nous avons la meilleure salle, le laser le plus puissant, les tables les plus antivibrationnelles, les optiques les plus sophistiquées, les mécaniques les plus précises, le meilleur labo et les meilleurs films : regarde comme je te chatouille le micron avec cette vis démultipliée.

Simplicius – il ne sert de rien de s’énerver, allons lui poser la question, car on raconte que ses TP sont ouverts à tous.

Mordicus – je ne veux pas voir ce charlatan. c’est pas sérieux. S’il a trouvé tant de choses, il n’a qu’à les publier, comme tout scientifique. J’aime mieux me replonger dans ce volumineux traité, quelque chose à dû nous échapper.

Simplicius – bon, j’y vais tout seul.

........

Mordicus – ah, te voilà, as-tu vu ce Francis ? mais tu as l’air bizarre, comme un illuminé.

Simplicius – Oui, le fait est que Francis vient de réaliser un hologramme dans notre labo. ça a marché tout de suite.

Mordicus – mais qu’avez-vous modifié ?

Simplicius – quelle est la règle de base de ton Traité ?

Mordicus – La règle de base est que tout le montage doit-être d’un seul tenant : il faut tout mettre sur la même Table, pour s’isoler du monde extérieur. C’est l’évidence et la logique même.

Simplicius – mais Francis m’a fait remarquer : " le Loup n’est pas Berger "

Mordicus – attends, tu prétendrais que dans mon magnifique montage anti-vibrationnel j’aurais inclus un Loup, c’est-à-dire, je suppose, une source de vibrations. Sapristi, ce laser est refroidi par un circuit d’eau. C’est ça qui me brouille mes franges !

Simplicius – tout juste.

Mordicus – tu ne vas pas me dire que Sanchez a coupé le refroidisement du laser pendant la prise de vue ?

Simplicius -- non, car il a indiqué une solution beaucoup plus simple.

Mordicus – a-t-il changé le laser ? chacun sait que les lasers non refroidis sont beaucoup moins puissants. Cela nous conduit à des temps de pose énormes.

Simplicius – il est vrai qu’il a indiqué qu’il peut faire le même hologramme avec un laser mille fois moins puissant, mais il mettait un point d’honneur à utiliser le matériel que nous avions dans le labo.

Mordicus – je n’y comprends plus rien : le Traité que voilà, écrit par un normalien prestigieux est catégorique : tout le montage doit être d’un seul tenant. Je suis donc obligé de mettre le Loup dans la bergerie. ce Sanchez a donc trouvé un moyen pour contrer les inévitables vibrations, en produisant des " anti-vibrations ". tout cela en une après-midi. Si c’est le cas, c’est le plus grand ingénieur de l’Histoire du Monde.

Simplicius – il y a plus simple : jette ton traité dans la poubelle la plus proche. Car c’est lui qui t’empêche de réaliser les hologrammes.

Mordicus – hors de question. Ce normalien a écrit ce traité dans sa jeunesse, en pleine possession de ses géniales facultés.

Simplicius – mais a-t-il produit lui-même un hologramme spectaculaire, prouvant aux yeux de tous sa maîtrise de la discipline ?

Mordicus – Il a dirigé un labo, donc c’est ses assistants qui réalisaient les montages holographiques. Il ne pouvait pas tout faire.

Simplicius – alors d’où lui venait le droit d’écrire ce fameux traité ?

Mordicus – dois-je te rappeler que la Physique est basée sur la Mathématique. En conséquence, on ne peut trouver meilleur candidat pour un traité qu’un bon normalien qui a fait ses preuves en maîtrisant les mathématiques supérieures. Il est directement catapulté directeur, et pour prouver sa maîtrise, il sort un traité.

Simplicius – mais sur quoi s’appuie-t-il ?

Mordicus – il dispose de tous les anciens traités, et il y a la prodigieuse production d’articles scientifiques. Il lui faut suffit de s’assurer un bon support bibliographique.

Simplicius – donc, un tel traité peut être considéré comme l’implication mathématique des conséquences de l’idée de Gabor.

Mordicus – voilà, il y a des découvertes géniales, et ensuite, il faut transcrire tout ça pour l’intégrer dans le giron mathématique. C’est le travail du normalien. Intégrer les découvertes modernes dans l’élan inégalé de la Physique Mathématique. Il n’y a rien à redire à cela.

Simplicius – en somme, un rôle de scribe moderne.

Mordicus – il faut bien que quelqu’un le fasse. Tu ne veux pas qu’on retombe dans l’antique " tradition orale " ?

Simplicius – on retombe en fait dans l’ancienne " scholastique ". On se croirait au moyen-âge ! Ce que tu décrit pour le normalien s’applique mot pour mot aux travaux des moines, intégrant dans le cursus commun les " illuminations " du Pape.

Mordicus – ne mélange pas tout. Il s’agit ici de Science, qui progresse grâce à des génies tels que Gabor.

Simplicius – pourquoi appelle-tu géniale ce que Sanchez signale comme étant une remarque évidente de Gabor ?

Mordicus – tout le monde le reconnaît comme tel, et il a obtenu le prix Nobel de Physique pour cette découverte.

Simplicius – ah, je vois. Il est préférable de dire " untel est génial ", plutôt que d’affirmer que " l’ensemble de la Communauté Scientifique déraille ". efficace à court terme, mais ça pourrait mal finir. Que se passerait-il si un découvreur refusait qu’on le considère comme un génie ?

Mordicus – ne t’inquiète pas pour ça, tout le monde est humain, et le prix Nobel est assorti d’une somme de plus en plus rondelette, qui enlève toute vélléité au découvreur de révéler qu’il n’a fait que détecter une carence du système.

Simplicius – ah, bien joué. Mais si le découvreur passait outre ?

Mordicus – Il est probable qu’il serait rejeté par le système scientifique, qui le prétendrait "fou ". Il y a eu le cas " Eddington ". Celui-ci prétendait que la connexion Microphysique-Cosmologie était évidente, et il a rédigé un petit livre " l’expansion de l’Univers " destiné à un large public. 

Simplicius – tiens donc, c’est justement le grand débat théorique actuel. pourquoi ce livre n’a-t-il pas été traduit en français ?

Mordicus – il a été déclaré " non-scientifique " par le système.

Simplicius – en somme prétendre dénoncer tout un système est une entreprise d’une telle audace que même un Eddington s’est ramassé. Seul un fou peut s’attaquer à un système, donc on ne peut prendre au sérieux ses dires. Imparable. Cela ressemble furieusement à un fonctionnement maffieux, qui s’auto-entretient par la " méthode carotte -bâton ". C’est l’omerta dans toute sa splendeur. Malheur au traître qui compromet tout le système. au fait, tu veux toujours faire des hologrammes ?

Mordicus – oui, mais je refuse de jeter ce remarquable Traité.

Simplicius – alors raye la phrase " tout le montage doit être sur la même table anti-vibration ", et remplace-là par " la stabilité n’est requise qu’après séparation des faisceaux ". Tu peux donc séparer le Loup de la fragile bergerie !

Mordicus – tu veux dire que ça marche en plaçant le laser sur une table annexe ? ce serait trop beau.

Simplicius – bien sûr, un simple dessin des ondes le montre, comme Sanchez le fait dans ses " cours libres d’holographie ".

.. L’histoire raconte que Mordicus ne reparla jamais de cet épisode. Mais dans les mois qui suivirent, les éboueurs se plaignirent d’une augmentation anormale du poids des poubelles..

Le Principe holographique

Lorsqu’une théorie est vraie elle permet de relier numériquement des domaines qu’on croyait séparés

Augustin Fresnel



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LE PAIN DU SAGE

Nos deux pèlerins, Mordicus et Simplicius, avaient fait le tour des universités, en quête d’une explication raisonnable. Il s’agissait d’un profond mystère : " pourquoi tantôt la lumière se manifeste par un jeu de particules, alors qu’à d’autres occasions, on dirait une onde ".

Mordicus -- Allons, Simplicius, inutile d’insister. Comme je te l’ai toujours dit, il est inutile de chercher plus avant. Il n’y a aucune solution simple à ce mystère. Il faut accepter que le monde est incompréhensible. C’est ce que nous recommande ce grand pédagogue qu’est Richard Feynmann. S’il y avait une solution simple, elle n’aurait pu échapper aux illustres fondateurs de notre magnifique Science.

Simplicius – En somme, tu prétends que les fondateurs ont fondé une magnifique science, mais incompréhensible ? Comment peux-tu appeler cela magnifique ?

Mordicus – Regarde autour de toi : constate que les ponts tiennent, les avions volent, la messagerie d’Internet se développe. Tout ça provient de la Science.

Simplicius – Mais à l’époque d’Archimède, les Viaducs trônaient, les navires flottaient, et les messagers courraient. De tout temps, les humains se sont émerveillés de leur propre habileté. Heureusement qu’Archimède veillait au grain, dans son bain. Qu’est-ce qui me prouve que si l’on avait résolu le mystère central de la Physique, on n’aurait pas des " Gaponts " remarquables, des Téléporteurs efficaces, et une messagerie supraluminique, avec accès direct sur le Galaxnet ?

Mordicus – Halte-là ! Pas d’obscénités anti-scientifique. Einstein a insisté : pas de vitesse supra- luminique. Que les humains se contentent d’admirer la voûte étoilée, pas question pour eux d’aller explorer la Galaxie, ni même de communiquer avec d’éventuels extra-terrestres, qui d’ailleurs n’existent pas puisque la science montre aussi que les circonstance hasardeuses qui ont présidé à l’apparition de la vie n’ont aucune chance de se renouveler ailleurs. Il faudrait parcourir des millions de galaxies, avant de pouvoir retrouver une trace de Vie.

Simplicius – en somme la science moderne pose des interdits.

Mordicus – C’est le concept d’horizon.

Simplicius – ah, quelle élégance dans l’interdiction, mais. qui a dit qu’il n’y a rien derrière l’horizon ? Il est vrai que le marin voit l’horizon reculer devant lui, mais ceci jusqu’au moment où il aboutit sur une île. Heureusement que ce concept d’horizon n’a pas arrêté Christophe Colomb !. Enfin, en désespoir de cause, je te propose de demander l’avis d’un sage, un penseur retiré dans une caverne, et qui accueille avec bienveillance toute question, en ne demandant en retour qu’une modeste obole.

Mordicus – allons–y, puisque tu y tiens, mais il serait surprenant qu’un ermite isolé puisse venir à bout d’une énigme qui a défrayé la chronique scientifique depuis tant d’années.

Simplicius – mais je dois te prévenir, le Sage ne supporte pas les marques de déférence. Il exige le tutoiement. Ceci pour marquer sa différence avec d’odieux " gouroux " qui, se prenant pour des demi-dieux, se font appelé " maître " comme de vulgaires avocats ou notaires.

...

Et voilà nos deux pèlerins rendus auprès du Sage.

...

Simplicius – Sage, peux–tu nous aider ? La lumière se comporte de façon énigmatique : elle se propage comme une onde, mais interagit avec la matière de façon quantifiée, avec une quantité d’énergie proportionnelle à la fréquence.

Le Sage – ah, quelle beauté !

Mordicus – nous n’avons pas fait tout ce chemin pour entendre de tels jugements de valeur. Je ne vois pas ce qu’il y a de " beau " dans un problème qui rend fou. Einstein a même traité par avance de " menteur " toute personne qui affirmerait avoir compris le photon.

Le Sage – ah, quelle horreur !

Simplicius – calme toi Mordicus, si le Sage trouve de la beauté dans notre énigme, c’est qu’il pressent la solution. En effet, l’une des constantes de son enseignement est que Beauté, Vérité et Simplicité sont intimement liées. quand à la célèbre phrase d’Einstein, il faut reconnaître qu’elle est la marque d’une formidable immodestie, et d’un esprit mystificateur, qui semblent contraire à l’image qu’on devrait normalement se faire d’un serviteur de la Science.

Mordicus – alors qu’elle est ton interprétation, toi qui te prétend " sage " ?

..

Simplicius – le Sage s’est enfermé dans une méditation inquiétante. On dirait qu’il cherche dans sa mémoire à quel moment il a prétendu qu’il était " sage ".

– Sage, nous t’appelons ainsi simplement pour te reconnaître parmi d’autres humains particulièrement maladroits, comme cet Einstein. Puisqu’en parlant de beauté tu as clairement manifesté ton intérêt pour cette énigme, dis-nous quelle obole siérait en la circonstance ?

Le Sage – Qu’on mande le Pain.

Après avoir proféré ces paroles énigmatiques, le Sage se retira dans sa caverne, laissant nos deux amis assez pantois de cette curieuse demande.

Mordicus – on dirait que cet olibrius ne réclame qu’un pain pour prix de sa réponse. Alors qu’un bouquet de Prix Nobel devraient récompenser une telle avancée de la Science.

Simplicius – Le Sage est réputé pour l’économie précise de son discours, et a pour habitude de demander une obole en rapport à la question posée. Il ne demande pas un simple pain. Pourquoi utilise-t-il le vague " on ", le verbe " mander ", et précise-t-il " le " pain ?

Mordicus – essayons le plus simple. Allons quérir un pain au plus proche fournil, nous verrons bien la réaction du Sage. Cela nous aidera à comprendre sa demande. .

Ce qui fut fait, mais Simplicius tint à aller seul pour présenter ce pain au Sage, craignant confusément une gaffe de Mordicus.

Simplicius – après avoir goûté le pain, le Sage s’est enfermé dans un abîme de réflexions, comme s’il essayait de comprendre pourquoi nous ne comprenons pas l’évidence de sa demande.Il semblait bloqué, en essayant de trouver une meilleure formulation pour la demande de son obole. C’est pourquoi, désirant sortir de cette impasse gênante, je lui ai demandé " Faut-il vraiment qu’on mande le Pain ? ", et il acquiesça immédiatement, visiblement soulagé.

Mordicus – donc il a goûté le pain. C‘est donc bien de pain qu’il s’agit, mais je ne vois toujours pas le rapport entre du pain et l’énigme onde-corpuscule.

Simplicius – il n’a pas dit " du " pain, mais " le " pain. Ce pain doit avoir des propriétés particulières. Le fait qu’il l’ait goûté signifie peut-être qu’il demande " le meilleur " pain.

Mordicus – Quelle exigence bizarre. Car enfin n’est-il pas subjectif de vouloir comparer les goûts de divers pains ?

Simplicius – Cependant n’est ce pas un sport classique chez nos contemporains : comparer le goût des divers pains proposés par les boulangeries alentours.

Mordicus – Nous n’allons tout de même pas faire une enquête au niveau mondial pour déterminer le pain qui recueille le plus de suffrages. Cela n’aurait aucun sens.

Simplicius – Ah, voilà ! Cela expliquerait le terme " qu’on mande ". En fait le " on " signifierait la multiplicité. C’est-à-dire l’ensemble du Monde. Comment procéderais-tu pour trouver le meilleur pain ?

Mordicus – Il faudrait envoyer une masse de messages tous azimuts, recueillir les réponses, établir des critères de comparaison, sélectionner le meilleur, puis aller chercher ce maudit " meilleur pain ".

Simplicius – Ah, voilà ! Tu as trouvé la solution de l’énigme.

Mordicus – Comment cela ? je n’ai fait que stigmatiser le caractère ridicule de cette quête du meilleur pain.

Simplicius –Attends une minute. Le concept de " meilleur choix " n’est pas étranger à la Physique. On le rencontre avec le " Principe de Maupertuis " en Mécanique, et le " Principe de Fermat " pour l’Optique. Ce sont des principes d’économie des lois de la Nature. D’après ce principe de Fermat, la lumière suit le trajet le plus bref pour aller d’un point à un autre.

Mordicus – Il est clair que si nous arrivions à déterminer la meilleure boulangerie du monde, nous irions directement quérir un exemplaire de ce pain, par l’avion le plus rapide. Et nous voilà confrontés à une difficulté : plus nous étendrons notre sphère d’investigation, plus nous devrons aller loin, et le pain risque de perdre sa fraîcheur, qualité primordiale dans le goût.

Simplicius – Attends, c’est bien cela, une fois l’information propagée par ondes, c’est-à-dire de la façon la plus étendue possible, la décision est prise pour le " destin " final de ce meilleur pain, autrement dit le photon ! en effet, ce " photon-pain " n’est nullement divisé ni rompu dans le processus, alors même que sa destinée implique tous les boulangers de l’Univers ! Il est donc " télé porté " en accord avec le reste de l’Univers !

Mordicus – Mais te rends-tu compte du temps que cela prendrait pour recueillir toutes ces donnée ?

Simplicius – Il est clair que le phénomène d’analyse ondulatoire doit se propager à une vitesse extrêmement rapide, par rapport à la célérité de la lumière. et que ces ondes doivent traverser toutes matière. Bon sang : on dirait les ondes de gravitation !

Mordicus – Tu ne vas pas me dire que l’Optique implique la Gravitation de manière évidente, alors que tant de théoriciens s’acharnent sur la question de l’Unification depuis tant d’années.

Simplicius – si, il semble que le raisonnement le plus simple ait été délaissé par la communauté scientifique. Si cette hypothèse est vraie, il doit y avoir une relation simple entre le Rayon de l’Univers, mesuré d’après le décalage spectral proportionnel à la distance de galaxies (loi de Hubble), la constante de gravitation et la constante quantique de Planck. Mais on ne doit pas utiliser la vitesse c, véritable " tortue " à l’échelle de l’Univers. Que donne la simple analyse dimensionnelle ?. Sapristi, cela fait intervenir le produit de trois masses : celles de l’électron, le proton et le neutron !

Mordicus – mais que vient faire la masse de ces particules la-dedans ?

Simplicius – La résolution de " l’accord onde-particule " est clairement une affaire " d’information optimisée ". En effet, un pain situé à un endroit, dans une boulangerie, se retrouve intact à un autre : c’est le processus de " quantification ". Mais ce phénomène de transfert implique un choix préalable, donc un calcul extrêmement rapide, faisant intervenir tous les éléments de l’Univers : c’est l’aspect ondulatoire. Il est donc normal de voir s’impliquer le rayon de Hubble de cet univers, et les masses des particules fondamentales, qui prennent ainsi une interprétation informatique. En effet, par analogie avec un ordinateur, de même que l’Espace peut-être considéré comme une Mémoire Vive, puisque parcouru par tant d’ondes supra-luminiques, la Matière ne serait-elle pas une Mémoire Dure ? Et ces deux types de mémoires ne seraient-elles pas les manifestations de la complémentarité onde- enquêtrice/quantum-final qui est une propriété de la Matière, ainsi que pour la Lumière ?

Mordicus – allons nous procéder à cette enquête mondiale du meilleur pain ?

Simplicius – que crois-tu que nous faisons en révélant nos aventures sur le réseau de communication mondiale qu’est l’Internet ? En fait il ne s’agit pas réellement de pain, mais plutôt de la recherche d’un raisonnement simple, ce qui répond à ta question sur le caractère subjectif du choix : un bon raisonnement est plus évident et plus nécessaire que le meilleur des pains. Voilà ce qu’est, en fait, " le Pain du Sage ".

Cette anecdote élimine les conceptions " hasardistes " des tenants de l’incertitude quantique au profit du Principe de Certitude Cosmique : l’Univers calcule la meilleure solution pour l’absorption du photon. Introduire l’incertitude est un crime contre la logique et l’esthétisme. Einstein l’avait soupçonné, mais il eut grand tort de s’accrocher à sa vitesse limite. C’est pourquoi il ne pouvait comprendre le photon, car ses variables cachées étaient par trop limitées. Pire, Bohr renonçait tout simplement à concilier logique et microphysique, et niait toute variable cachée !, suivi en cela par la majorité des "physiciens " actuels, qui ne cherchent pas à interpréter le " fond des choses ". Pour eux, la Science est effectivement finie, comme on l’entend ici où là.

Pour les autres, ceux qui croient en la réalité des variables cachées supercélères, la Science, la vraie, commence. La synthèse de la gravitation et de l’électromagnétisme sera un test pour départager les deux partis. Le second test sera la réunification Physique-Biologie. Pour les premiers la Vie est un accident, et c’est par hasard qu’il pousse une aile à un reptile ! Pour les découvreurs, la Vie, indissociable de la Pensée, est la participation au grand dessein du Calcul Cosmique. Amis chercheurs, saisissez vos calculettes et vos ordinateurs pour aider le Cosmos dans sa Quête vers l’Harmonie. C’est la philosophie du Principe Holique, qui curieusement retrouve certaines vues des pythagoriciens, après une éclipse culturelle de 26 siècles.

Le combat paraît par trop inégal, d’un côté une horde d’académiciens, de Prix Nobel, de médailles Fields, bardés de palmes académiques multicolores, de légions d’honneurs flamboyantes, nantis de lourdes bibliothèques, scandant les citations de grands penseurs, une formidable cohorte s’appuyant sur des générations de scientifiques confirmés. De l’autre un esthète isolé, qui s’amuse à faire des hologrammes sur un canapé.

Oui le combat est inégal. Ils n’ont aucune chance. N‘est-ce-pas Augustin ?



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LE PARADOXE DU BUDGET

Francis Michel SANCHEZ. 13 dec 2000, Paris, France.

Un extra-terrestre, nommé Exus, enquête discrètement sur l’état d’avancement de la civilisation humaine. Voilà l’entretien mémorable qu’il eut avec nos deux héros.

 

Exus – ma mémoire ayant été occultée lors d’un accident, je vous prie de m’éclairer sur le fonctionnement de la Société.

Mordicus – Tout repose sur l’éducation des Sciences. En premier lieu il y a l’Ecole Normale, qui sélectionne les étudiants les plus aptes à mémoriser et appliquer les concepts mathématiques . On les enferme pendant 2 ans dans des salles spéciales, et on observe quels sont ceux qui peuvent résister à 2 fois 4 heures d’affilée d’attention passive sur un formalisme gratuit . Un test nerveux d’une grande valeur .

Exus – assurément, combien sont sélectionnés ainsi ?

Mordicus – notre pays, la France, compte quelques dizaines de millions d’individus, et cette Ecole en sélectionne quelques centaines.

Exus – comment ? voilà un nombre extrêmement faible pour diriger les robots .

Mordicus – décidément vous semblez gravement atteint, leur fonction est de diriger les humains, bien sûr, non des robots.

Exus – quoi ? votre, euh notre société serait donc inversée : ce seraient ces normaliens, ces humains visiblement sélectionnés pour leurs facultés robotiques, qui dirigeraient votre Science ?

Mordicus – c’est un système qui a fait ses preuves : regardez autour de vous : voyez ces ponts, il faut bien qu’ils tiennent, et ces avions qui circulent alentour, n’est-ce-pas merveilleux ? sans parler de ces hôpitaux modernes nantis d’appareils perfectionnés aptes à diagnostiquer efficacement une maladie naissante et la traiter.

Simplicius – attends Mordicus, tu parle ici de technique, dont chacun sait qu’elle s’est développée indépendamment de la Science Théorique. C’est ainsi que c’est un " farfelu " nommé Maiman qui a osé placer un barreau de rubis entre les spires d’un flash hélicoïdal de photographe, et obtenu le premier laser, contre toutes les prévisions théoriques, et son article a d’ailleurs été refusé .

Mordicus – peut-être, mais l’année suivante, une centaine de molécules donnèrent lieu à l’effet laser. avec en tête de liste, le laboratoire de spectroscopie " Aymé Cotton " à Orsay, dirigé de main de maître par de valeureux normaliens .

Exus – hum. c’est logique : vos robots normaliens, parfaitement incapables d’innover, sont très doués pour développer des recherches secondaires. Mais que se passe-t-il si un découvreur se manifeste dans votre pays ?

Simplicius – l’histoire montre malheureusement qu’il est jalousé par ses directeurs normaliens, et censuré : il ne lui reste qu’à tenter sa chance à l’étranger.

Exus – en somme c’est un système qui évacue toute possibilité d’innovation. Votre pays est-il une exception de ce point de vue ?

Simplicius – Il ne semble pas : un pays comme la Turquie a adopté des méthodes similaires, hérités de savants germaniques exilés. On raconte même qu’un assistant devait respecter une distance de quelques mètres derrière son professeur. avec pour résultat une faillite complète de leur système scientifique et une pareille fuite à l’étranger des " cerveaux ".

Exus – mais cette Allemagne, dont vous affirmez que proviennent tant de maux, a-t-elle subie le même phénomène ?

Simplicius – alors qu’ils avaient optés pour un formalisme forcené, pour rattraper le seul domaine où les français les surpassaient encore vers 1900, ils n’ont plus maintenant le même système et ont un type d’éducation totalement différent. Ce qui d’ailleurs pose des problèmes terribles à l’Ecole Normale française qui voudrait bien s’européaniser .

Exus – quoi ? vous voulez dire que non seulement votre pays ne s’est pas aperçu de ce fourvoiement pédagogique, mais voudrait servir de modèle pour l’Europe?.

Mordicus – L’Ecole Normale a un important centre de Recherche, qui produit un nombre considérable de publications .

Exus – mais qui juge de ce qu’il est bon de publier ?

Mordicus – ce sont des experts mandatés par des journaux scientifiques : ils produisent un rapport anonyme sur tout article proposé

Exus – tiens donc, pourquoi ce rapport est-il anonyme ?

Mordicus – c’est pour que l’expert puisse s’exprimer en toute liberté.

Exus – admirable ! Cela impliquerait que des rapports signés de cet expert pourraient n’avoir aucune valeur !! Qui sont ceux qui se prêtent à ce système ?

Simplicius – c’est un système généralisé à l’échelle de la Planète, instauré par l’Ecole dominante, américaine, qui provient aussi d’un groupe de savants allemands exilés.Mais il faut dire que si vous refusez d’entrer dans ce système, on vous fait les pires ennuis, notamment en vous empêchant de publier, donc de bloquer votre carrière, et de vous interdire d’enseigner. Les articles proposés pour publications ne sont pas réellement étudiés : ça prendrait trop de temps, ils sont simplement acceptés sur la base du nombre de chercheurs et le prestige du groupe qui présente le travail.

Exus – Mais que se passerait-il si un individu isolé faisait une découverte importante ?

Simplicius – Il serait systématiquement censuré. Cela explique le cas Maiman, qui donna lieu à 20 ans de procès. Mais c’est " cohérent " avec le principe de base de la Science de ce siècle : il n’y a plus de place pour les chercheurs isolés, sans moyens lourds . Tout doit se faire dans des équipes de recherche bien structurées, et on place systématiquement à leur tête un normalien. Une façon élégante de dire que l’Argent a fait son entrée dans la Recherche : c’est le " PARADOXE DU BUDGET " : les équipes, pour récupérer des crédits, cachent les énigmes de base, ce qui bloque la vraie recherche fondamentale, puis, évidemment, sont prises de court quand le public estime que puisque " tout est connu ", autant fermer le robinet des crédits. C’est ainsi que Weinberg ne put réussir à convaincre le Congrès américain d’achever le Super-Collisionneur : en effet, il n’était plus " crédible ", car il venait d’écrire un ouvrage de vulgarisation, où " tout baignait dans l’huile ". Or le premier pas vers la sagesse n’est-il pas d’avouer son ignorance ? ce pas, cette science ne l’a visiblement pas franchi : elle n’est donc pas " crédible " .

L’Histoire raconte qu’a la suite du rapport télépatique d’Exus à la Guilde Galactique, il fut décidé un supplément d’enquête. Car les avis étaient partagés : 87% considéraient qu’il fallait intervenir pour sauver ces Terriens d’une Science non contrôlée qui pouvait à tout moment dégénérer en holocauste nucléaire ou en pandémie mortelle. Cet entretien télépatique supercélère à compensation temporelle s’étant déroulé en une fraction de seconde, nos 2 héros ne s’aperçurent de rien, si ce n’est une légère hésitation d’ Exus

Exus – heu. au fait, a-t-on découvert l’arme nucléaire ?

Mordicus (se tournant d’abord vers Simplicius " c’est vraiment un cas pathologique, il se rappelle que l’énergie nucléaire existe, mais a oublié les circonstances exactes de sa découverte ") – Mon cher Exus, sachez que ces valeureux savants et ingénieurs allemands exilés aux USA, grâce à leur maîtrise de l’ingénierie chimique, parvinrent en quelques années à mettre au point une bombe qui mis fin fort opportunément à un conflit mondial initié par l’Allemagne et qui durait depuis plusieurs années.

Exus – Etrange, il ne restait donc pas de savants et d’ingénieurs en Allemagne ? Si vous dites que ce pays avait tant d’avance, comment se fait-il qu’il n’a pas produit cette arme avant les autres pays ?

Simplicius – Il y a controverse à ce sujet, mais certains prétendent que le principal théoricien, Heisenberg, qui adhérait au parti nazi responsable du conflit, avait voulu " diriger " ce type de recherche, et l’avait orienté vers de mauvaises voies. Cependant il fait avouer qu’il s’en ait fallut de quelques mois. Si le meneur, Hitler, avait eu quelque intuition scientifique, il aurait pu comprendre qu’il avait intérêt à mettre au point ce type d’arme avant d’engager les hostilités. Il lui aurait été facile ensuite d’imposer son diktat au monde entier .

Mordicus – ouf ! il s’en est fallu de peu !. Mais certains soutiennent qu’Heisenberg aurait volontairement ralenti le projet.

Exus – ce serait très fort : rester sur place pour miner le projet de l’intérieur. Cet Heisenberg devait être un grand savant. A-t-il fait une grande découverte ?

Mordicus – et comment ! c’est lui qui a introduit le célèbre " principe d’incertitude " qui a mis fin à l’illusion que le Monde était déterminé par avance .

Exus (après un bref toussotement pendant lequel la Guilde Galactique lui demanda expressément de vérifier cette information : on lui signala que la côte de ceux qui voulaient aider les Terriens venait de chuter en dessous de 1 % " Par Hol, se dit-il qu’est-ce-qui se passe ici ? "

– je ne comprends pas, cet Heisenberg était-il un scientifique ?

Mordicus – bien sûr, ce fut même l’un des étudiants de Niels Bohr .

Exus – mais je veux dire, Heisenberg a-t-il trouvé autre chose que ce principe, qui a tout l’air d’être justement anti-scientifique .

Mordicus – c’est une question d’interprétation, mais vous devez savoir que Niels Bohr avait introduit une nouvelle philosophie de la physique, basé sur le " principe de complémentarité ".

Exus – que dit ce principe ?

Mordicus – c’est subtil, il en existe une douzaine d'interprétations différentes, mais ça revient à dire que, comme il l’a affirmé vigoureusement, " le contraire d’une grande vérité est aussi une grande vérité "

Histoire raconte ici qu’Exus fut télépatiquement sommé par la Guilde de prendre d’urgence un comprimé désaoûlant, car il était soupçonné par 96% des 3 gigabilliards de guildeurs d’avoir forcé sur sa dose de narcostimulant.

Exus – euh . mais quelle découverte avait fait Bohr dans sa jeunesse ?

Mordicus – ce fut remarquable, et éblouissant : il relia la constante de Planck à la quantification du moment cinétique dans l’atome, expliquant ainsi les raies d’émission . Il fut salué comme un grand génie.

L’histoire raconte qu’il se fit un grand silence entre les 3 compères, qui fut fort discuté par les rapporteurs de cette étrange histoire. Pour les uns, il s’agissait d’un hommage au génie de Bohr. Pour d’autres, Simplicius avait honte de révéler qu’un certain Nicholson avait fait cette liaison à Cambridge, où Bohr s’était rendu peu avant sa découverte, et que le " rayon de Bohr " avait été en fait trouvé par l’étudiant Hahn, par analyse dimensionnelle. Mais les plus mauvaises langues racontent qu’Exus avait le souffle coupé car cet " exploit " fantastique pour les terriens est, comme chacun sait, un test classique du bon fonctionnement d’un robot primitif : on lui injecte quelques longueurs d’onde du spectre de l’Hydrogène, et on mesure le temps qu’il met pour en déduire la constante h. Au delà de 1 microseconde, ce robot est destiné à la ferraille.

" Exus – euh .au fait, comment Planck a-t-il introduit sa constante ?

Mordicus – vous voulez donc remonter à la source de la Science moderne ! Parfait ! Planck, manipulant des expressions théoriques de l’entropie, parvint à trouver une formule pour le rayonnement électromagnétique d’un four porté à température T. Et cette formule marchait très bien. Mais cela impliquait une proportionnalité entre l’énergie et la fréquence d’un oscillateur, faisant intervenir la constante universelle h = énergie / fréquence.

Exus – et bien sûr, il en déduisit la quantification de l’espace-matière.

Mordicus – (après avoir murmuré à Simplicius : " il est vraiment gravement sonné "). Sachez mon cher Exus que la quantification passe par le dénombrement du nombre d’oscillateurs du champ qu’on enferme dans une boite, et on montre que ce nombre est proportionnel au volume de la boite, il ne reste plus qu'à faire tendre la boite vers l’infini et on tombe sur la loi de Planck. " L’histoire ici est incertaine. On n’a jamais su exactement pourquoi chacun demeura pensif pendant un long moment, ni les termes exacts de la transmission télépatique que dû subir notre extra-terrestre. Toujours est-il que, selon des témoins dignes de foi, celui-ci s’empourpra violemment. "

Exus – .heu, mais alors, pour pouvoir quantifier on introduit un continuum de fréquences .

Mordicus – voilà ! (" il est finalement récupérable, mais il faut dire qu’il a affaire à des spécialistes de la vulgarisation, " murmura-t-il à Simplicius)

Simplicius – mais, Mordicus, ce qu’Exus vient de dire est une contradiction logique .D’ailleurs un certain Sanchez affirme donner l’explication superquantique de la formule de Planck, et pour bien marquer le tournant du millénaire, il précise qu’il la fournira le 31 décembre 2000 au douzième coup de minuit, heure de Paris .

Mordicus – ah ! je connais ce charlatan, son site est illisible, un véritable tissu d’âneries .

Simplicius – mais c’est un spécialiste reconnu en holographie.

Exus – qu’est-ce-donc cette holographie ?

Mordicus – c’est un peu technique, il faudrait que je vous parle de Maxwell et de ses historiques équations.

Simplicius – attends Mordicus, Sanchez rappelle dans son cours que l’Holographie concerne toute forme d’onde et donc s’applique à tout, puisque la matière elle-même, affirme-t-il, se propage par ondes ! Il n’est donc nul besoin d’équations compliquées, il suffit d’admettre un nouveau principe de conservation, qui a échappé à la sagacité des physiciens : celui du nombre de canaux d’informations .

Exus – tiens donc, et comment fut découvert l’Holographie ?

Mordicus – c’est le génial Gabor, en 1947.
Simplicius – il s’agit d’une avancée théorique d’importance, puisque le " Principe Holographique " est signalé dans le récent livre " l’ Univers Elegant " comme l’espoir de la Théorie des cordes : c’est encore une découverte faite par un chercheur isolé !! Exus – normal, cela confirme le renversement robotique de votre système d’éducation. Il eut fallut attendre mille ans pour qu'un robotique normalien songea à une telle évidence. Mais que dit ce Sanchez sur la génèse de cette découverte ?. Mordicus – ce prétentieux dit que c’était évident. Facile, après coup. Exus – je parie que ce Sanchez est pas normalien Simplicius– non, c’est pour cela qu’il fut censuré en France, et il publia son " Principle Holique " à Cambridge. L’écolier Sanchez fut tôt repéré comme "exceptionnellement doué", et sélectionné dans la plus forte " math-spé " de France, il choisit l'option de " l’Ecole supérieure d’Optique "... Il déclarait être dégoûté par une Physique Formaliste qui traitait l’optique par des calculs matriciels. Exus – je m'en doutais : par ce moyen on se coupe définitivement de toute possibilité de découvrir l’holographie... Quand je disais mille ans, j’aurais pu tout aussi bien dire mille siècles d’inefficacité normalienne. Simplicius – et ce Sanchez prétend avoir étendu l'holographie dès sa thèse au domaine temporel, extrapolant le Principe amplificateur de Gabor au principe de dilatation temporelle. Il affirme maintenant que l'holographie réfute le Big bang, et il propose de le remplacer par une théorie quanto-temporelle, la " Théorie Holique ", à caractère " Multi-Bang " où l’Univers est alternativement détruit et reconstitué à haute fréquence. Une oscillation matière-anti-matière, résolvant l’un des plus profonds mystère de la Cosmologie, et selon lui ouvrant la possibilité de la transmatérialisation. Exus (qui fut averti que la côte terrienne était remontée soudainement à 99%) – évidemment, mais quel est l’avis de votre Communauté scientifique sur ces découvertes ? Mordicus – (" et voilà maintenant qu’il gobe n'importe quoi ") Dans son université d’Orsay, la plus importante d’Europe, où il enseigne depuis 30 ans, et où il a été désigné spontanément meilleur enseignant par les étudiants, un signe sûr qu’il s’agit d’un dangereux démagogue, il est maintenant fort opportunément interdit d’enseignement, et les "responsables scientifiques" refusent de discuter avec lui : ils affirment que le surmenage a dû lui faire " péter les plombs ". L’ histoire raconte que la Guilde galactique décida à l’unanimité d’attendre mille ans avant de reprendre contact avec cette planète Terre, dans l’hypothèse saugrenue où elle aurait pu survivre. Dans l’intervalle, il y aurait interdiction absolue de reprendre contact, seul de brefs survols galacto-touristiques étant autorisés. Il fut rappelé à toute les confédérations d’éducation le caractère obligatoire de l’Holofilm sur la fin tragique de l’amas galactique Perdidus où une civilisation douteuse fut par erreur initiée à la transmatérialisation. Certains allèrent jusqu’à reprocher de ne pas avoir donné leur chance aux dinosaures, en précipitant un astéroïde sur la Terre, et préconisèrent une généralisation du Principe de Non-ingérence. Quand à Exus, on murmure qu’il mit cent ans à s’en remettre, et demanda a être dispensé de toute nouvelle mission exploratrice.



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LA POMME DE PIN


Simplicius – plus de nouvelles d’Exus.. Je me demande où il est passé. Il avait l’air bizarre

Mordicus – il n’a jamais pu s’en remettre. c’est dur de perdre la boule à ce point là.

Simplicius – pourtant il y a quelque chose de curieux. Quand tu as parlé de la constante de Planck, qui a effrayé la chronique pendant tout le 20ième siècle, il a eu cette réaction surprenante : " et donc on en déduit la quantification de l’espace-matière ". Ce pourrait-il qu’il ait pensé à quelque chose d’intéressant ?

Mordicus – Hors de question. Il en a parlé car tout le monde sait ou devine que cette question de la quantification de l’espace est probablement la future avancée majeure de la Physique Théorique. C’est ce que répond le grand Feynman quand on lui demande " quelle est la future avancée ", mais il s’empresse de préciser " mais personne ne sait comment procéder ". Il serait ridicule de s’imaginer que cet Exus ait pu deviner ce qu’une armée de grands théoriciens n’a pu trouver en ce valeureux siècle, où, je te le rappelle, il y eut plus de théoriciens qu’il n’y eut de savants pendant toute l’histoire précédente de l’Humanité.

Simplicius – Certes, mais Sanchez affirme l’avoir trouvé, et le révéler le soir du réveillon, pour fêter la fin d’un millénaire qu’il estime " sinistré "

Mordicus – Encore une fanfaronnade, inutile de perdre son temps avec ça

Simplicius – quand même, je vais demander l’avis du sage ..

Mordicus – Ah, te revoila, mais que fais-tu avec cette pomme de pin ? Simplicius – Le sage a demandé une " pomme de pin du lac ", pour récompense, et, selon son habitude, ce doit être pour nous une piste pour la solution de cette mystérieuse affaire.

Mordicus – mais enfin, cela n’a aucun sens, on ne trouve pas de pomme de pin dans un lac.

Simplicius – précisément, et c’est ça qui m’intrigue le plus. Je crois que cette fois le sage nous a coincé. Même un Galilée y perdrait son latin. Enfin, allons à ce lac, peut-être une idée nous viendra en chemin...

Mordicus – je ne vois rien de spécial à ce lac, si ce n’est qu’il est spécialement rond, mais c’est dû à l’origine volcanique de cette montagne quand le volcan a explosé.Ah voilà, il doit y avoir un rapport avec le Big Bang, où tout a pété d’un seul coup, et l’univers s’est retrouvé avec un rayonnement homogène et isotrope, comme la quiétude remarquable de ces eaux y fait penser.décidément ce sage est un grand poète.d’autant plus que nombre de cosmologies associent le début de l’univers avec une grande masse liquide. Le message est donc clair : la violence sauvage du volcan a engendré la douce tranquilité de ce lac : une remarquable allégorie d’un processus allant du désordre vers ordre.

Simplicius – mais cela est contraire au deuxième principe de la thermodynamique, on nous a bien enseigné que dans un système isolé, c’est plutôt le désordre qui succède à l’ordre.

Mordicus – certes, mais cette montagne, avec son lac, n’est pas un système isolé : en particulier c’est la présence de la pesanteur terrestre qui dompte ces eaux, et donne à cette surface cette platitude magnifique.

Simplicius – Sapristi ! mais alors cela voudrait dire que notre univers n’est pas isolé : il serait en communication avec un cosmos extérieur !

Mordicus – voilà que tu dérailles complètement, à quoi bon introduire un cosmos extérieur, dont on ne peut prouver directement l’existence, c’est anti-scientifique, et ne peut nous amener à rien, j’en ai assez de ces fadaises, et cette maudite pomme de pin commence à m’énerver.

L’histoire raconte que Mordicus, arrachant la pomme de pin des mains de Simplicius, la projeta dans le lac et s’en fut par le chemin en maugréant des insanités que l’honnêteté de cette histoire nous empêche de reproduire ici. Il fut rattrapé quelques cent mètres plus loin par Simplicius qui, essoufflé, lui tint les propos mémorables que voici

Simplicius – attends, Mordicus, je crois que tu as mis le doigt dessus : si le sage a dit " pomme du lac ", il m’apparaît maintenant qu’il voulait qu’on lança cette pomme dans le lac. C’est à ce moment que je me suis rappelé le cours d’Optique Populaire de Francis " tout corps qui plonge dans un liquide produit des ondes "

Mordicus – la belle affaire ! voilà que ce charlatan plagie Archimède

Simplicius – non, détrompe-toi ce Francis prétend justement n’avoir jamais copié sur personne, et se fait fort de donner des sujets d’examen tous différents à ses étudiants

Mordicus – quoi ? il n’a pas fait ça j’espère, chacun sait que les techniques de " pompage " chez les étudiants sont une merveille de notre temps, une discipline en elle-même qui prouve l’astuce et l’habileté de nos meilleurs étudiants !

Simplicius – il l’a pourtant pratiqué, au grand désespoir de certains étudiants, mais la plupart se sont inclinés devant une telle démarche d’évaluation réellement scientifique, et ont justement reconnu en leur enseignant cette faculté remarquable d’avoir ses " propres " pensées. mais là n’est pas notre propos, il se trouve que ce problème d’onde est au centre de la loi du rayonnement émis par un corps chauffé.

Mordicus – C’est la fameuse découverte de Planck, en 1900, qui a d’ailleurs surpris tous les physiciens de l’époque, car personne ne s’attendait à voir surgir une nouvelle constante universelle h, et surtout pas une relation entre énergie et fréquence. Voilà enfin de la bonne physique, mais, pour être précis, on détermine d’abord le nombre d’ondes qui peuvent résonner dans une cavité, et on multiplie par l’énergie moyenne à température T d’un oscillateur quantique dont l’énergie de transition est h x fréquence.

Simplicius – oui, mais après, on fait tendre les dimensions de la boite vers l’infini, et c’est ça qui est bizarre, car enfin comment un corps chauffé sait-il qu’il est dans une boite ? même si on l’escamote ensuite en projetant ses parois à l’infini. Cet Exus est très intuitif pour avoir décelé cette prodigieuse anomalie de notre Science, dont apparemment personne ne s’est plaint jusqu’ici. On enseigne ça à toute vitesse aux étudiants, et ils doivent l’apprendre par cœur.

Mordicus – donc le four en question serait le lac, ou autrement dit l’univers, avec des bords. Mais que diable ! l’univers n’a rien à voir avec l’empire de Chine : il n’est circonscrit par aucune muraille.

Simplicius – certes, mais raisonnons par analogie avec ce lac, et revenons à cette pomme de pin. En arrivant dans l’eau, la pomme de pin a généré de magnifiques ondes circulaires régulières, l’image même de la cohérence. Mais les quelques pétules qui se sont détachées, et qui sont tombées de manière éparse et aléatoire ont crées plutôt un fouilllis d’ondes, l’image même de l’incohérence. Il faut donc supposer que chaque point de l’univers est au centre d’une sphère parfaite de rayon R, et une onde envoyée à la vitesse c revient à son point de départ après le temps 2R/c, ou autrement dit, la séparation entre deux fréquences de résonance est c/2R, la formule classique des laséristes. En quelque sorte un jeu de billard sphérique.

Mordicus – En Physique Statistique, on s’intéresse au nombre de fréquences de résonance inférieures à une borne f ce nombre est donc f / (c/2R) = 2fR/c, ou, en introduisant la longueur d’onde minimale lmin, 2R/lmin. Mais ceci est faux ! Car le calcul classique fait intervenir un nombre d’oscillateurs proportionnel au cube d’un tel rapport.

Simplicius – mais dans les deux cas on peut introduire des bornes lmin différentes. Si on désigne par d la borne des ondes sphériques cohérentes et par r celle du calcul classique, on a égalité entre les deux modes de calcul si R/d = (R/r)^3, soit R²d = r^3. C’est la liaison entre le quantum de volume et celui de longueur d. C’est du même type que la relation générale qui veut que la surface de Planck soit le produit du demi-rayon de Schwarzchild GM/c² d’une masse M, par la longueur d’onde Compton hbar/Mc de cette même masse. En l’appliquant à la Sphère d’univers on a donc lp² = R d. D’ailleurs l’expression de la conservation entre un disque de quantum surfacique lp² et sa périphérie de quantum linéaire d s’écrit pi (R/lp)² = 2pi (R/d), c’est-à-dire encore une invariance du degré de liberté entre deux formes topologiques de degré différents : c’est le " Principe Holographique " qui s’applique à nouveau.

Mordicus – humm, voyons ce que ça donnerait pour la longueur r. On a R environ 10^26m, lp environ 10^-35m, cela donnerait un quantum d’espace de 10-96^m, hum c’est possible. et en éliminant d on obtient lp² R = r^3, soit r = 10^-15 m , sapristi c’est la dimension du noyau !! :

Simplicius – donc ce Principe Holographique explique les corrélations entre les grands nombres cosmologiques et les données de la microphysique. De plus, cette dimension du noyau est de l’ordre de grandeur du rayon classique de l’électron, qui est la longueur d’onde Compton associée à la masse m de Nambu, égale à 137 fois la masse de l’électron, qui joue un rôle central dans la physique des particules : en effet, les masses des bosons en sont voisines de multiples entiers, tandis que celles des fermions en sont voisines de multiples demi-entiers. En inversant le raisonnement, c’est-à-dire en partant de cette distance r = hbar/mc, et lp² = G hbar/c^3, on obtient donc pour le rayon de la sphère d’univers : hbar²/g m^3 ! Sapristi !, c’est la seule combinaison qui élimine c !!!

Mordicus – et alors ?

Simplicius – mais enfin Mordicus, réalise-tu ce que cela signifie ? tout simplement que Dirac et ses collègues de l’époque n’ont pas pratiqué l’analyse dimensionnelle la plus élémentaire.

Mordicus – heu. il doit y avoir une explication : dans le système d’unité S.I. la vitesse c ne s’élimine pas ! Et d’autre part des théoriciens formalistes comme Dirac utilisent le système simplifié h = c = 1, quand ce n’est pas aussi = G , c’est-à-dire qu’ils se privent délibérément de toute analyse dimensionnelle, car il a été montré par Planck lui-même, entre autres, que la nature et le nombre d’unités de base pouvait être arbitraire. De plus, à l’époque, les distances galactiques étaient sous-estimées d’un ordre de grandeur.

Simplicius – certes, mais il est quand même étonnant que le système le plus intuitif : Longueur, Masse et Temps donne directement le bon ordre de grandeur du rayon de Hubble quand on supprime la constante universelle qui est visiblement " de trop ", c’est-à-dire c, une vitesse éminemment trop faible par rapport aux dimensions cosmologiques. Donc on trouve le Rayon de Hubble simplement en appliquant le précepte de base dans tout cours élémentaire de physique : tout baser sur les mesures, et pour définir l’appareillage nécessaire, commencer par évaluer l’ordre de grandeur pertinent, en utilisant les constantes qui risquent d’intervenir dans le problème.

Mordicus – je ne peux y croire, ce n’est pas possible, ce serait la perte de crédibilité pour tout un siècle de Physique.

Simplicius – et il y a plus : en identifiant le nombre holographique de Bekeinstein -Hawkins, sous forme canonique à 2 polarisations et 3 x 4 dimensions (le 4 provenant de la loi classique de Stefan), on trouve le rapport entre la longueur d’onde nominale hc/kT du fond de rayonnement cosmologique et la longueur d’onde Compton de l’électron, au millième près ! Ce qui évidemment enterre définitivement le mythe du Big Bang, pour qui la température du fond cosmique devrait diminuer constamment, et donc n’aurait aucune raison de se prêter à une si étrange et précise coïncidence. Selon Sanchez, dans son fameux article " Quantum Topological Invariance ", cette réduction dimensionnelle d’ordre 4, de " type Stefan ", serait la compactification tant recherchée par les théoriciens des cordes. D’ailleurs il montre que si on demande que l’énergie du vide soit de l’ordre de grandeur de celle de l’univers, on trouve que sa longueur d’onde minimale doit être telle que lamda4^= R^3 d, ce qui est le Principe Holographique reliant les 3 = 1 dimensions de l’espace-temps, ou " Principe Holographique Complet " .
Mordicus – attends voir, ça correspond à lambda racine du produit R lp, soit 30 micromètre. Sapristi, cela donne la longueur d’onde caractéristique de la molécule d’eau à son point triple, T = 273.14 Kelvin, au millième près. Ridicule ! Ce ne peut être qu’une coïncidence !
Simplicius – comment peut-on trouver ridicule une corrélation entre la physique commune et la cosmologie, car enfin, le principe même de celle-ci est d’appliquer les lois observées à notre niveau. Ce serait l’absence de telles corrélations qui serait inquiétante, et militerait contre l’existence d’une Grande Théorie.
Mordicus – et on retomberait dans les errements d’un Eddington, qui prétendait, le malheureux fou, calculer le nombre de protons dans l’univers. Heureusement sa Théorie Fondamentale n’a pas été traduite, et est restée, immaculée, au fond des bibliothèques poussiéreuses, car personne, à part les autochtones, ne peut comprendre quoi que ce soit à l’anglais pur cambridgien.
Simplicius – mais Chandraseckhar, dont l’anglais fut une seconde langue maternelle, prétend avoir retrouvé dans le texte d’Eddington, les groupes de symétries particulières qui fleurissent maintenant dans les théories des Cordes. De Plus, Sanchez, lisant entre les lignes, a fait remarquer qu’Eddington avait prévu et donné une bonne estimation de la masse de ce qu’il appelait le " mésotron lourd ", et qui allait être découvert 40 ans plus tard comme étant le Tau, ou Muon lourd, ou encore l’électron super-lourd.
Mordicus – comment tu prétends qu’il suffirait de ressortir la Théorie d’Eddington pour que tout s’éclaire ? Pourquoi personne ne s’y lance ? Simplicius – il faudrait que les scientifiques aient le courage d’avouer le fait qu’ils ont boycotté le seul physicien qui était sur la bonne voie. C’est un cas unique dans l’Histoire des Sciences, car il ne s’agit pas d’un " farfelu " prétendant introduire des idées nouvelles, mais bel et bien un des théoriciens les plus reconnus de la Planète.
Mordicus – mais c’est incroyable ! quelle a été la faute impardonnable d’Eddington ?
Simplicius – il ne croyait pas au Big Bang, et par dérision, il ajoutait : " ça me laisse froid " ! Il ne croyait pas si bien dire. En 1998, Sanchez, en appliquant directement son Principe Holographique aux Nombres d’Eddington retrouve une seconde fois la température cosmique mesurée 2.728 Kelvin, au millième près .
Mordicus – c’est pas possible, ça se saurait : toutes les revues scientifiques devraient en parler.
Simplicius.Hélas, le système scientifique a interdit à Sanchez de publier ses résultats. Mordicus.c’est donc que c’est farfelu. En science la règle est la suivante : il faut, avant de présenter ses conclusions au Public, obtenir l’aval de ses " pairs ".
Simplicius --oui, mais cela suppose l’existence de " pairs ". Sanchez avoue ne pas reconnaïtre parmi ses collègue cette esprit scientifique qui l’anime : il a donc entrepris une étude historique, et relevé les causes profondes du déreglement total du système scientifique. Mais ceci est une autre histoire.

Depuis ce jour mémorable, l’histoire raconte qu’on ne vit plus jamais Mordicus donner aucun coup de pied dans les pommes de pins traînant sur le sol, et des passant dignes de foi affirment l’avoir vu se faufiler en cachette chargé de lourds volumes en direction du lac. D’aucuns prétendent même avoir entendu d’étranges ploufs, perturbant sa surface miroitante et soutiennent que de là viendrait la véritable origine de la légende du monstre du Loch Ness..



LE SAC DE BILLES


Scène 1 : les deux cultures

Mordicus – Que dirait-tu d’aller interwiever ce grand maître de la culture littéraire, Philosophus, pour qu’il nous donne son avis sur ce prétendu Sage, qui, il faut bien l’avouer, a donné une interprétation tout à fait inattendue, mais cohérente, du dualisme onde-corpuscule.

Simplicius – Bonne idée, une telle idée unificatrice de la culture scientifique devrait avoir des points communs avec l’histoire de la pensée humaine…

Et nos deux amis de conter par le détail à Philosophus en personne la mémorable aventure du « Pain du Sage »…

Philosophus – cette histoire d’onde ou de particule est amusante, mais ce n’est pas une Grande Question…

Simplicius – comment cela ? les scientifiques buttent la-dessus depuis 3 siècles…

Philosophus – mais l’humanité, depuis des millénaires, se pose d’autres questions, autrement plus importantes….

Mordicus – ah ! on va déboucher sur la « métaphysique », des discussions sans fin qui tournent en rond…N’oublie pas qu’en tant que scientifique nous ne pouvons parler que de ce qui est vérifiable par des experts…

Philosophus – quelle science est-ce-là ? une vraie Science doit être vérifiable par tout citoyen

Mordicus – heu, oui, c’est un peu le rôle de la vulgarisation. Mais on ne peut faire de chaque citoyen un expert. Qu’il se contente de profiter des bienfaits de la Science…

Philosophus – votre science au contraire devrait faire un expert de chaque citoyen, sinon elle se condamne d’elle-même. Vos grands penseurs ne vous ont pas enseigné cela ?

Simplicius – Hélas, Philosophus, j’ai bien l’impression que nos « grands penseurs » aient été sélectionnés au contraire sur leur aptitude à dire « ne cherchez plus à comprendre », comme l’inénarrable trio Born, Bohr et Heisenberg…Ils ont même décrétés que leur science était complète…

Philosophus – Quelle audace, un « Complet Mystère ! » ou une « Incompréhensible Complétude ! ».  C’est complètement mystique, quoique qu’aucune Religion au Monde n’a jamais prétendu que sa foi était « complète ». Inutile de prier plus avant mes frères !… En tous cas, c’est une véritable négation de la tradition scientifique… Qui a réagi comme il se devrait, devant une telle provocation ?

Mordicus – détrompez-vous, ce trio a été soutenu par Pauli, Dirac, Jordan…

Simplicius – Mais ce n’est pas le cas de tous les précurseurs. On raconte que le plus pur d’entre eux, Ehrenfest, en vint à se suicider, comme avait fini l’illustre Boltzman, persécuté par ses pairs, qui refusaient d’admettre l’existence de ses atomes, 20ans auparavant. Mais l’attitude de Schrödinger fut, par contre, très combative. Il imagina même « le paradoxe de chat », qui devrait être à la fois mot et vivant. Quant à de Broglie, il adopta une attitude plus mitigée, il approuva « provisoirement » le modèle de Born, pour pouvoir faire progresser les étudiants, car il faut bien que la technique avance n’est-ce-pas, réservant pour la fin de sa carrière de revenir à des explications plus fouillées sur le fonctionnement réel du Monde.

Philosophus – ah quelle noblesse !

Mordicus – normal, les de Broglie sont une famille de grande lignée…

Philosophus – je voulais parler de Schrödinger, qui n’a pas transigé avec cette diablerie de Complétude. Avez vous trouvé un nom pour cette école abominable ?

Simplicius – c’est l’école de Copenhague-Göttinguen. Le centre de gravité scientifique de l’époque, dans les années 20…

Philosophus