L'AFFAIRE EINSTEIN

Francis Michel Sanchez, 15 FEVRIER 2000

Francis.Sanchez@enseignement.u-psud.fr

 

On peut s'interroger sur l'intérêt de ressortir de vieux dossiers sur les personnalités. Mais il faut savoir que toute annonce de découverte scientifique importante doit recevoir l'aval d' une personnalité dominante du sujet concerné, sinon elle n'a aucune chance d'être publiée, et Einstein aurait participé à ce "blocage de l'Institution Scientifique" dénoncé de façon générale sur le Web. L'auteur de ces lignes est censuré depuis 6 ans, malgré l'appui du Prof J.C. Pecker, qui ne participe pas à la "Pensée Unique" en Astrophysique… Il s'agit de montrer ici qu'il y a eu probablement un effet de « Pensée Unique » depuis longtemps en Histoire des Sciences…
 

 

Avec le dernier ouvrage de Jean-Paul Auffray, "Einstein et Poincaré", ("Le Pommier", 1999, Flammarion le déclarant mystérieusement "épuisé", avant même qu'il ne soit publié (?)), une ancienne polémique rebondit. Einstein est-il le véritable père des découvertes qui l'ont rendu universellement célèbre? Il s'agit essentiellement des deux théories de la Relativité, la "Restreinte" et la "Générale", qui constituent deux avancées majeures de la Science contemporaine. A noter d'entrée qu'aucun prix Nobel n'a marqué ces découvertes, Einstein ayant reçu le sien sur la base d'autres travaux.

Des revues scientifiques viennent de s'impliquer vigoureusement dans le débat. En particulier, "La Recherche" de décembre 1999, reprenant un article de « Science et Vie » titre en première page "Le cerveau d'Einstein : une étrange malformation peut-elle expliquer son génie?" Un spécialiste des malformations cérébrales s'interroge sur le cas de ce cerveau, pieusement conservé depuis 40 ans. Il va jusqu'à conclure qu'une telle anomalie, repérée par nos moyens modernes chez un fœtus, pourrait entraîner une prescription d'interruption de grossesse! Plusieurs historiens de l'histoire des sciences se sont prudemment récusés, sauf la physicienne F. Dalibar, traductrice des "ouvres choisies d'Einstein", (CNRS-Seuil, 1994). Mais elle avoue carrément "…tous comptes faits, je dirai même qu'Einstein, ce parangon du génie, n'a rien accompli d'extraordinaire". Dans pour la Science, de janvier 2000, l'ancien éditeur de la revue Nature, J. Maddox, fait un bilan incisif: "à partir de la constatation par Lorentz de l'importance du concept de temps relatif, Poincaré franchit le dernier pas, avant d'arriver à la Relativité Restreinte, qu'Einstein publia en 1905".

Auffray, très documenté, nous présente Einstein, qui se destinait à la Philosophie, comme un "Dialecticien" louvoyant entre le monde des Physiciens (Lorentz, Poncaré) et celui des Mathématiciens (Poincaré, Hilbert). Il aurait plagié la Resteinte sur Poincaré, et la Générale sur Hilbert.

Un dossier très détaillé, établi par Jules Leveugle, sur ce qu'il appelle le "Principe de Poincaré" a été publié dans la revue de l'Ecole Polytechnique, "La Jaune et la Rouge", n°494 (1994). Il y précise que c'est Poincaré qui a énoncé le premier le "Principe de Relativité", en Septembre 1904, à la conférence scientifique mondiale de Saint Louis (USA), le rangeant délibérément dans la liste des grands principes de la Physique:

LES LOIS DES PHENOMENES PHYSIQUES DOIVENT ETRE LES MEMES SOIT POUR UN OBSERVATEUR FIXE SOIT POUR UN OBSERVATEUR ENTRAINE DANS UN MOUVEMENT UNIFORME? DE SORTE QUE NOUS N'AVONS ET NE POUVONS AVOIR AUCUN MOYEN DE DISCERNER SI NOUS SOMMES OUI OU NON ENTRAIN2 DANS UN PAREIL MOUVEMENT 

et l'a publié le premier, le 5 Juin 1905, dans une Note à l'Académie des Sciences. Le détail des calculs "sur la dynamique de l'électron" est envoyé quelques jours plus tard au "Circolo matematico di Palermo", un mémoire "quasiment introuvable". L'article d'Einstein ne parut que le 26 septembre 1905, sans aucune références à des travaux antérieurs. Pourtant, Leveugle prétend y retrouver des passages et des expressions caractéristiques des travaux de Poincaré. Par contre, Laurent Nottale écrit dans "La Relativité dans tous ses états", p. 42 : "Il ne fait aucun doute qu'Albert Einstein a bien établi les lois de la Relativité Restreinte indépendamment de Poincaré. Il semble qu' Einstein ait formé sa pensée sur la Relativité en grande partie par la lecture des œuvres de Poincaré jusqu'en 1902, puis ait évolué par lui-même à partir de cette date." L'utilisation d'un programme "anti-plagiat" pourrait être utile dans cette controverse…

Mais est-ce bien nécessaire? En 1914, dans l'article nécrologique de Poincaré, Lorentz, le physicien à l'origine du débat relativiste, reconnaît publiquement "Poincaré a formulé le Postulat de Relativité, terme qu'il a été le premier à employer". Selon Leveugle ce serait justement "l'obstacle Lorentz "qui aurait empêché le Comité Nobel d'attribuer la Relativité à Einstein. Arguments qui semblent décisifs...

A ceux qui s'étonnent de ce doute sur l'attribution d'une découverte aussi importante, Leveugle rappelle que l'Ecole dominante était alors allemande, et dirigée par Planck. Le Kaiser n'aurait certes pas apprécié qu'on laisse à un savant français le mérite d'une telle découverte, alors qu'un jeune "génie" germanique se signalait par l'impertinent envoi de plusieurs contributions à quelques mois d'intervalle? En 1910, le comité Nobel reste sourd à une pétition de 34 scientifiques importants pour accorder le prix à Poincaré. L'avis du Comité Nobel 1910 est ambigu : "Les brillantes contributions de Poincaré à la Physique mathématique ne sauraient être considérées comme constituant des découvertes ou inventions dans le domaine particulier de la Physique - à moins d'entendre ces mots dans un sens très large". Quand on sait l'importance théorique qu'a eu le "Principe de Relativité", il semble que le Comité Nobel s'honorerait en attribuant à titre posthume, voire même purement "honorifique" le prix Nobel 2001 à Poincaré, en préconisant de l'appeler dorénavant "Principe de Poincaré". (Web-pétition à lancer dans le Forum à venir)

L'ouvrage d'Auffray, physicien formé aux USA, apporte des précisions alarmantes: Einstein aurait manqué de rigueur dans son exposé: "…il nous présente donc comme point d'aboutissement de son raisonnement… son hypothèse de départ". Leveugle soutient que la fameuse formule E = mc2 devrait être attribuée à Poincaré et Planck, tandis que la soi-disant démonstration d'Einstein reviendrait à dire 0 = 0. Tout se passe comme si Einstein avait voulu redistribuer à la hâte l'agencement des hypothèses, et se serait fourvoyé. De plus Auffray explique comment Minkowski "redécouvre" ensuite l'espace-Temps quadridimensionnel de Poincaré.

Décidément Henry Poincaré était étrangement conciliant. Ce pourrait être, selon Merleau-Ponty (communication personnelle) la clef de cette affaire: Poincaré avait un détachement tel qu'il plaçait l'intérêt collectif avant toute autre considération. Ainsi, il désigna par "transformation de Lorentz" la transformation qu'il venait de découvrir! On ne peut qu'admirer le panache du découvreur rendant ainsi hommage à celui qui lui a indiqué ce qu'il fallait chercher. Il alla même jusqu'à soutenir le jeune Einstein pour une nomination, en précisant que son aspect "touche à tout" pouvait se révéler utile. Hélas, l'Histoire allait le démentir… Il est dommage, et curieux, qu'il n'y ait eu aucune biographie de Poincaré, comme le souligne Leveugle. D'après celui-ci, le fait que le cousin de Poincaré était un homme politique majeur a dû jouer dans l' étrange apathie des collègues physiciens de Poincaré. Il se pourrait également qu'il y ait eu des oppositions entre l'Académie et la Sorbonne. Rappelons que Poincaré occupait la chaire de "Physique mathématique" à la Sorbonne.

Nombreux sont ceux qui ont contesté la Restreinte à Einstein, souvent après la lecture d'historiens des sciences comme Pais et surtout Whittaker. Mais on leur opposait, jusqu'ici, un argument massue: mais enfin, il a ensuite découvert la Générale! . Or, Auffray avait déjà signalé (L'Espace-Temps, Flammarion, 1996) que c'est Poincaré, dès 1905, qui avait orienté la Recherche vers la Relativité Générale, en remarquant que l'équation gravitationnelle de Poisson n'était pas invariante par sa "transformation de Lorentz"!

Auffray révèle maintenant, dans son dernier ouvrage, qu'Einstein aurait démontré que la Relativité Générale était impossible, malgré les conseils de son mathématicien de service Grossman qui lui recommandait d'utiliser les tenseurs de Ricci. Einstein aurait même professé pendant deux ans cette impossibilité, jusqu'à ce qu' Hilbert, de retour d'une partie de pêche, révèle devant une Société Royale des Sciences de Prusse ébahie, le 16 Novembre 1915, les équations tensorielles de la Relativité Générales, plus connues pendant tout le siècle sous le nom "d' Equations d'Einstein" (sic). Et elles ont été obtenues, justement, grâce aux tenseurs de Ricci… A noter qu'Auffray ne trouve nulle trace du géomètre Hilbert dans les biographies d'Einstein, qu'elles soient de Philipp Franck ou de Jacques Merleau-Ponty. Interrogé sur ce point, celui-ci répond qu' "il faut séparer ce qui concerne l'interprétation physique d'une part, des équations qui concernent le domaine mathématique d'autre part".

Qu’ écrit Einstein lui-même ? Dans « Ideas and opinions », (The Modern Library, New-York, 1994) on trouve p.317-318 “we had, with my friend Grossman, already considered the right field-equation for gravitation two years before the publication of the general theory of relativity, but we were unable to see how they could be used in physics. On the contrary, I felt sure that they could not do justice to experience. Moreover I believed that I could show on general consideration that a law of gravitation invariant with respect to arbitrary transformations of coordinates was inconsistent with the principle of causality. Theses was erors of thought which cost me two years of excesively hard work, until I finally recognize them as such at the end of 1915, and after having successfully returned to the Riemanian curvature, succeeded in linking the theory with the facts of astronomical experience”Pourquoi Einstein ne parle-t-il pas de la contribution décisive d’Hilbert ?

Que s'était-il donc passé à la suite de la découverte de Hilbert ? Selon Auffray, en quelques jours, Einstein aurait repris toute la Théorie, pour l'adapter, en jouant sur les conditions aux limites, à la formule de Gerber qui donnait l'avance du périhélie de Mercure. Or, jusqu'à présent, cette concordance nous était présentée comme "une prédiction de la théorie d'Einstein". On croit rêver : Auffray soutient que ce n'était ni une prévision, ni une théorie due à Einstein. De plus, la "démonstration" d'Einstein aurait été sujette à caution. Et l'école allemande, malgré d'importants remous, ne pouvait qu'entériner la soi-disant "découverte d'Einstein", pour éviter de faire ressurgir "l'affaire Poincaré". Dans la biographie citée ci-dessus, Einstein ne se hasarde pas à faire l’historique de la découverte restreinte.

Cela donne l'impression qu'il "était préférable" de présenter définitivement Einstein comme un "super-génie" aux yeux de tous, comme pour le mettre à l'abri de tous soupçons. Une impression que ne peut s'empêcher d'avoir tout lecteur du dossier cité ci-dessus, "Le cerveau d'Einstein" de la Recherche. Mais à l'époque, la mise en scène fut grandiose. Eddington, quaker anti-militariste, considéra comme "une mission sacrée pour la paix des peuples" (manipulation ?) de mesurer la déviation gravitationnelle de la lumière. Et ceci à l'occasion d'un événement extraordinaire, une éclipse de Soleil. Et ce fut le grand battage médiatique: "un savant anglais va à l’autre bout du monde confirmer les découvertes d'un jeune génie allemand". Sauf que la précision des mesures était insuffisante pour pouvoir trancher quoi que ce soit. Tout astronome sait qu'il est délicat de mesurer de façon précise un écart angulaire de l'ordre de la seconde d'arc. De plus, personne n'a signalé, à part Auffray, que cet ordre de grandeur pour la déviation avait été prédite un siècle auparavant par Soldner. Cette précision est donné dans l'Espace-Temps, op. cité, p. 66. Il s'agit en fait d'une prédiction très simple, que nous avions repérée et enseignée depuis longtemps, à la portée d'un étudiant (voir "exercice sur la Déviation Gravitationnelle").

Ainsi Auffray signale que dès qu'il parvient au sommet, Einstein bloque pendant 2 ans les travaux de Kaluza, qui unifient gravitation et électromagnétisme ! Dégouté, Kaluza abandonne la Physique…Or la grande avancée du travail de Kaluza était l'introduction d'une 5ième dimension. Ces travaux apparaissent maintenant comme les précurseurs de la théorie des Cordes… De même, il tente de contrer la solution que Friedman apporte à "ses" équations, en publiant une réfutation ! Heureusement Lemaître confirma la validité de la solution de Friedman. C'en était fini de la réputation d'Einstein dans le milieu scientifique....

Auffray ne poursuit pas son analyse de la carrière d'Einstein plus loin. L'auteur de ces lignes (FMS) apporte ici ses impressions (à confirmer ou infirmer par l'Histoire des Sciences, dans le forum à venir). Einstein s'insurgea, à juste titre contre la "prétention de complétude" de la Mécanique Quantique (1927). Mais au lieu de démonter la fausseté du "théorème de complétude" (!) de Von Neumann (ce que firent 25 ans plus tard Bohm, puis Bell), il s'empêtra dans des considérations philosophiques (paradoxe EPR). Il s'obstina à interdire toute vitesse supérieure à la vitesse de la lumière, donc à nier "l' inséparabilité quantique", pourtant implicitement contenue dans le concept de photon, voir "L'accord onde-Particule". De son côté, Bohr s'accrochait à son "principe de complétude": négation des variables cachées. La discussion stérile qui s'ensuivit plongea la communauté scientifique dans la confusion la plus totale… D'ailleurs, Auffray avait sous-entendu dans "l'atome", op. cit. qu'il y a probablement aussi "un cas Bohr", car le fameux "rayon de Bohr" avait été publié par l'étudiant Hass, et que "les trajectoires de Bohr" basées sur le quantum d'action avaient été trouvées auparavant par Nicholson, de Cambridge, où Bohr avait séjourné. Auffray rappelle que plusieurs équipes de physiciens ont déjà franchi le "mur d'Einstein", certains mesurant une vitesse de 5c. Mais Van Flandern va beaucoup plus loin (Physics Letters A 250 (1998) 1-11). Il montre que l'expérimentation indique une célérité gravitationnelle supérieure à 2 ´ 1010´ c, ce qui lui confère une signification cosmologique… Le fameux "dialogue du siècle" Einstein-Bohr apparaît avec le recul, comme un double blocage de la Recherche, qui se matérialise aujourd'hui par l'illusion que les deux grands piliers sont contradictoires. En fait ils sont parfaitement compatibles, si l'on introduit le 3ième pilier : la Cosmologie Quantique Stationnaire, vérifiable et compréhensible par un étudiant de niveau Deug (Web)

En fait, il semble que la Cosmologie ait été précisément le talon d'Achille d'Einstein, ainsi d'ailleurs que tous ceux qui ont considérée que la Cosmologie était l'application de la seule Relativité Générale. Il refusa d'abord d'admettre la validité de la solution de Friedman, qui s'était permis de résoudre "ses propres équations". Cette solution est ensuite "retrouvée indépendamment" (c'est un point à vérifier) par le chanoine Lemaître, qui lança l'idée de "l'Atome primitif", l'ancêtre du Big Bang. Einstein introduisit la "répulsion galactique à longue distance", une hypothèse ad-hoc pour empêcher un effondrement des galaxies les unes sur le autres, qu'il appela pudiquement "Constante Cosmologique". Cette nouvelle force lui permit d'assurer une "stabilité" à l'Univers. C'était en fait un équilibre instable, mais peu importe ici, car Hubble et Humason découvrirent "l'expansion universelle"(1930). Einstein renia alors cette "répulsion", "la plus grande erreur de ma vie", (amnésie du temps où il professait l'anti-Relativité Générale?). Et Einstein de se replonger dans ses tentatives d'unification, en ressortant d'ailleurs les travaux de… Kaluza… bien sûr !

Aujourd'hui, le modèle qui a dominé le débat cosmologique depuis 35 ans, le modèle du Big Bang est sérieusement mis à mal, entre autres, par l'observation de l'accélération de l'expansion. Les tenants du Big Bang ressortent piteusement cette "répulsion" d'Einstein pour expliquer cette accélération (par exemple en couverture honteuse d'un récent "Sciences et Vie"), alors qu'elle avait été prédite par la Cosmologie Holique, censurée depuis 2 ans. Un extrait de ces travaux est accessible pour un étudiant de DEUG (voir "l'Exercice Central sur l'Analyse Dimensionnelle"). Einstein a raté cette observation élémentaire, car il ne s'intéressa pas au problème des Constantes Naturelles, pourtant le problème central du siècle. Seule la "Théorie Fondamentale d'Eddington", (jamais traduite en français) s'attaqua à ce problème. Or, l'application directe de cette théorie permet de retrouver la température du fond de rayonnement cosmique 2.728 Kelvin, au millième près (voir "L' Affaire Eddington"et « Quantum Topological Invariance »). 

Cette étude des Constantes Naturelles semble déboucher aujourd'hui sur la structure de l'ADN (voir "La connexion ADN", sur ce site Web, big-bang_fr.htm)… Une telle connexion peut apparaître comme impossible au même titre qu'est apparu impossible l'existence du Troisième Pilier, pour ces faux scientifiques qui n'ont pas encore compris que "tout est relié", même parmi ceux qui prétendent par ailleurs "travailler à l'unification de la Physique" (sic).

Outre l'abandon de toute recherche sur la signification mathématique de Constantes Naturelles (que Paty appelle curieusement le "Principe d'Eddington"), la communauté scientifique a commis une faute décisive en recourant systématiquement à un formalisme forcené, oubliant les racines "intuitives" de la physique. En particulier, la Relativité est poussée trop loin, quand elle assimile les concepts d'Espace et de Temps. C'est ainsi que Nottale, un admirateur inconditionnel d'Einstein, (ainsi que de Broglie, pourtant historien de formation), écrit dans "La relativité dans tous ses états", Hachette, 1997 : "en prenant c = 1, les vitesses deviendraient alors définitivement des quantités non dimensionnées, ne pouvant varier qu'entre -1 et +1". Cette conception est très utile sur le plan théorique (mais il faut alors aller jusqu'au bout et quantifier cette vitesse relative, voir "la formule de Constable"). Il ne faut pas oublier, qu'intuitivement, et objectivement (irreversibilité du temps), les deux concepts ne sauraient se confondre. La synthèse des deux points de vue conduit au Principe Holique (Web), mais faire brutalement c = 1 revient à se couper du Troisième Pilier Cosmologique. Un autre "excès relativiste" consiste à déclarer, comme on l'entend souvent, en particulier chez Nottale, que "l'éther n'existe pas". Poincaré n'a jamais dit cela. Il considérait que l'éther, s'il existe, n'intervient pas dans les mesures locales. Aujourd'hui est réintroduit un éther, lié à un Référentiel Absolu Cosmique, qu' Einstein lui-même a été obligé d'admettre, à la grande satisfaction de Lorentz (voir le dernier ouvrage d' Auffray, "appendice sur l'éther"). C'est à cette occasion qu'on voit la profondeur de l' intuition physique de Lorentz, qui a toujours soutenu la nécessité d'un éther, et d'un temps cosmique absolu…On réalise le dégât fait par tous ceux qui ont professé : « il n’y a plus d’espace nitemps absolus »… Une Histoire des Sciences sur la sellette…

Auffray considère ("L'atome", Flammarion, 1997) que le "photon d'Einstein" (sur lequel s'est rabattu le Comité Nobel pour consacrer notre "héros") aurait été une "erreur d'aiguillage" durant tout le siècle, et qu'on a pas assez insisté sur le véritable quantum, qui, selon lui, serait le "quantum d'action". Jusqu'à la fin de sa vie, Einstein s'interrogea d'ailleurs sur la nature réelle de son "photon", et dans une phrase célèbre il traita par avance de "menteurs" ceux qui prétendraient le comprendre. Le gant risquait fort d'être ramassé…c’est maintenant chose faite, voir l’accord onde-particule qui envisage une explication autrement plus audacieuse que celle d’Auffray.

En conclusion, il est possible qu'on s'aperçoive, dans un avenir proche, que l'oubli de la véritable "méthode scientifique" (Web) et l'absence de véritable "déontologie scientifique", tout au long de ce siècle, (voir "7 questions aux Comités d'Ethique", Web) aient eu pour conséquence un retard considérable sur la Civilisation…En effet, nantir certains "plagiaires arrivistes" d'un pouvoir de censure (voir "censure sur une nouvelle invariance") est la façon la plus sûre d'étouffer les théories d'avant-garde. De la sorte, certaines simplicités essentielles, qui nécessairement, ont dû être trouvées et retrouvées, ont pu être étouffées (voir "l'affaire du Big Bang", et le cas "Geffroy Constable").

Dans le scandaleux numéro de la Recherche cité ci-dessus, (repris en Mars 2000 par New Scientist, n°2230, p.43) un responsable de l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, écrit : "…La science pure est un savoir élaboré dans un espace neutre socialement, celui des académies et des universités". Il semble que cette "affaire Einstein" prouve exactement le contraire… Einstein, dont la devise aurait été, d'après Auffray, "Vive l'Impertinence", s' est-il moqué de tout un siècle? Dans ce cas, la célèbre photo, où il tire la langue, pourrait être interprétée de toute autre façon. I. Stengers ironise d’ailleurs lourdement dans ce même numéro de la Recherche : « à quel module de l’intelligence et à quel module cérébral renvoie la capacité de tirer une langue aussi longue devant un photographe ». On a peur de mal comprendre…Le débat est ouvert, en particulier sur le Forum que nous ouvrirons sous peu …